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mercredi, 22 mars 2006

RALENTISSEURS

François VAN DE VILLE
communique
:

Les élus locaux ne cessent, lors de leurs permanences, de recevoir des demandes d'installation de ralentisseurs pour freiner la vitesse des véhicules, y compris en agglomération.

Voilà une demande qu'on peut comprendre tant les dangers sont grands. Pour mémoire, d'ailleurs, ce Maire d'une petite ville du Nord de la France qui ne cessait de déplorer cette situation dans sa commune et qui vient tout récemment d'y mourir.... écrasé par un véhicule. C'est dramatique.

Or, les élus que nous sommes sont confrontés à une réglementation de 1994 - dont l'entrée en vigueur était le 31 Décembre 1999 - et qui fixe de telles régles qu'il est désormais très difficile de pouvoir répondre à ces demandes, pourtant légitimes.

Parlons d'abord des "dos d'âne", ou autres "gendarmes couchés".
Ils ne peuvent être installés que sur les sections de voies où la vitesse est limitée à 30 km/heure (ou "zones 30").
Mais en plus :
• ils ne peuvent être installés sur les voies où le trafic est supérieur à 3.000 véhicules/jour (en moyenne annuelle), soit ±2 véhicules/minute (moyenne jour et nuit confondus)
• ils sont interdits sur les voies recevant un trafic poids lourds supérieur à 300 véhicules/jour en moyenne annuelle (soit ± 12 poids lourds par heure)
• ils sont interdits sur les voies de desserte des autobus ou autres transports de voyageurs
• ils sont interdits à moins de 200 mètres d'une agglomération (ou d'une zone d'habitations)
• ils sont interdits sur les voies dont la déclivité est supérieure à 4%
• ils sont interdits sur ou dans un ouvrage d'art et à moins de 25 mètres de part et d'autre de celui-ci
• etc....
Il est en plus interdit d'implanter des passages piétons sur les ralentisseurs en dos d'âne. (Ce qui était très apprécié aux sorties d'écoles)

Il y a par ailleurs la solution des "coussins berlinois" (ces surélévations carrées dont la largeur permet que les essieus des autobus ou des poids lourds évite de devoir passer dessus).
Mais là encore, ils ne peuvent être installés sur les voies où le trafic est supérieur à 6.000 véhicules/jour (en moyenne annuelle), soit ±4 véhicukes/minute (moyenne jour et nuit confondus)
Par contre, ils ne sont pas interdits sur les voies de desserte de transport public (autobus).
C'est le seul avantage qu'ils apportent.

Force est d'admettre que, dans nos communes, les cas où il est encore possible d'installer des ralentisseurs deviennent extrêment limités. Et, paradoxe entre tous : plus il y a de véhicules qui circulent sur une voie, moins il est possible d'y installer de ralentisseurs.

Passer outre cette réglementation ? C'est exposer la commune aux risques d'accidents qui ne seraient pas couverts par son assurance de responsabilité civile. Et cela peut coûter très cher à la collectivité si l'accident est particulièrement grave.

Assurer la sécurité de nos concitoyens dans nos villes et communes est devenu un vrai dilemme pour les élus qui en sont responsables. C'est particulièrement difficile à leur expliquer.

La seule sécurité repose sur le civisme des citoyens et leur sens des responsabilités. C'est un travail de très longue haleine.

00:15 Publié dans VIE LOCALE | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Et pourquoi a-t-on démantelé le réseau SNCF (voyageurs et fret) ? Pourquoi ne veut-on pas sortir de cette "logique" de la route, de l'automobile et des camions en France ?
Tout est question d'argent, la sécurité y compris !
Et il faudrait un certain courage politique pour sortir des "logiques" (illogiques d'ailleurs) actuelles... Bien plus que celle de s'attaquer à la sécurité routière !

Écrit par : Denis | mercredi, 22 mars 2006

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