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dimanche, 12 février 2006

ÉCOLE de la RÉPUBLIQUE ?

J’ai siégé cette semaine, en qualité de représentant de la Ville de NÎMES, au sein du Conseil d’une École Élémentaire située dans un quartier où se trouve une forte proportion de populations immigrées issues du Maghreb dont, notamment, des harkis.

Cette école dispense depuis plusieurs années des cours intégrés de langue et culture d’origine (LCO) dont, notamment, des cours d’arabe dispensés par un intervenant extérieur circulant entre plusieurs autres établissements et dont la qualité de l'enseignement aurait, aux dires des autres enseignants, le mérite d'inculquer aussi les lois et valeurs de la République et celles des différentes cultures, dont la nôtre où ces jeunes populations seront amenées à grandir et évoluer.

J’ai été stupéfait et indigné d’apprendre, au cours de ce Conseil, qu’une circulaire émanant de Mr l’Inspecteur d’Académie, Directeur des Services Départementaux de l’Éducation Nationale du GARD, a rappelé aux directeurs des établissements scolaires publics que les LCO “s’adressent aux élèves..... de nationalité espagnole, marocaine, portugaise ou turque, ou de nationalité française nés de parents dont l’un au moins est, ou a été, de (ces nationalités sus-indiquées)” et précisant "Les élèves français n'ayant aucun ascendant de la nationalité concernée ne peuvent suivre les cours de LCO".

Résultat : les enfants issus de milieux d’origine algérienne (harkis), tunisienne ou autres nationalités, dont l'arabe est la langue véhiculaire de leur culture, sont privés désormais de ces cours. Seuls les marocains ou les turcs....

La classe d’enseignement de l’arabe a été, en toutes conséquences, amputée d’une grande partie de sa population. La question a donc été posée au Conseil de cette école : fallait-il maintenir cette classe ? Le vote qui a suivi a été extrêmement serré, les représentants du corps enseignant comme les parents d’élèves étant outrés de la situation ainsi créée.

Quelle est donc cette “École de la République” où l’Éducation Nationale, par le biais de son rectorat, y cultive le communautarisme et la ségrégation ? Si les non-turcs ou les non-marocains veulent apprendre l’arabe, ils n’ont d’autre solution désormais que de s’inscrire dans les écoles coraniques dont je ne doute pas de la valeur de l’enseignement dispensé mais dont je doute sérieusement qu’il soit le lieu idéal pour y recevoir l'enseignement des valeurs de notre République. Ou encore s'inscrire dans les établissements privés où ces valeurs essentielles y sont toujours enseignées.

Je ne me reconnais pas du tout dans cette école-là de la République dont la mission me semble dévoyée de ses objectifs.

17:35 Publié dans SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

On peut s'interroger des raisons qui font que le Conseil d'État n'ait pas censuré le contenu de cette circulaire d'origine nationale. Cette circulaire dit en effet : "Les élèves français n'ayant aucun ascendant de la nationalité concernée (espagnole, marocaine, portugaise ou turque) ne peuvent suivre les cours de LCO". Ceci est contraire au préambule de notre Constitution qui garantit l'égalité des droits entre tous les citoyens français quelle que soit leur ascendance. Il est inouï de constater que l'Administration de l'Éducation Nationale ignore les règles de notre Constitution et édicte des règles de ségrégation etnique.

Écrit par : Deliesse Georges | mercredi, 15 février 2006

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