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vendredi, 21 mai 2004

À PROPOS DE "LA" POLITIQUE

BILLET du 21/5/2004

S’est-il établi en France un doute sur la politique - ou l’absence de politique - du gouvernement ? Poser une question n’est pas forcément y répondre. Mais qu’on puisse la poser démontre le malaise actuel. Pour ma part, je participe peu à ce doute.

Les élections de Mars ont été un choc. Les sondages ne semblent pas être plus favorables pour les prochaines européennes dans la mesure où certains veulent, pour des raisons purement internes, volontairement tromper les français sur l’objet de cette élection. Mais les français savent bien que la véritable élection est celle de la fin de l’actuel mandat du Président de la République et de sa majorité, c’est-à-dire en 2007. Quel que soit le désagrément de perdre des élections intermédiaires, l’attelage actuel n’a donc pas changé.

Au risque de me tromper, je pense que Mr RAFFARIN est plus solide qu’on ne le pense généralement. Dans une telle circonstance, il a une qualité très rare : celle de l’abnégation absolue. Il est parfaitement loyal, il se “débrouille” avec les moyens limités dont il dispose, il ne proteste jamais contre les travers de ses propres amis. Pourquoi Jacques CHIRAC changerait-il si tôt d’attelage ?

On peut estimer que Mr CHIRAC est un peu distancié par l’intérêt qu’il porte à sa “charte de l’environnement”, ou encore au sort de la planète en général. Il parait souvent absent de la réalité des problèmes des français. Le discours manque parfois de cohésion : Mr SARKOZY l'oblige certainement, sans le vouloir, à de nombreuses virevoltes. Mais Mr CHIRAC, en fin politique qu’il est, se dit probablement qu’il faut attendre (“laisser le temps au temps”). Mais attendre quoi ? LA CROIS - SAN - CE : on L’annonce comme imminente. Mais, avec la flambée des prix du pétrole, n’est-elle pas déjà très compromise et la France a-t’elle actuellement les moyens d’engranger de la croissance ? Mr CHIRAC sait bien que, sans la croissance, on ne peut pas être populaire : si, par bonheur, la croissance revenait, la popularité ne serait pas pour autant spontanée mais on pourrait mieux faire avaler aux français la pilule des réformes.

Cette attente constitue-t’elle pour autant une politique ? L’image de notre politique n’est-elle pas “brouillée” par cette sorte de contre-pouvoir permanent que constitue l’omni-présence sur tous les terrains de Mr SARKOZY qui n’hésite jamais à prendre le contre-pied des déclarations du Président ?

On sait Mr CHIRAC très pragmatique : il s’accommode tant bien que mal de cette situation, inédite dans l’histoire de notre Vème République, impensable sous De GAULLE. Peut-être se souvient-il que lui-même.... ? Pragmatique mais réaliste aussi : il sait SARKOZY bourré de talent, tant dans son action que son discours, même s’il agace parfois jusque ses propres amis. N’y a-t’il pas, chez SARKOZY, du CHIRAC des années 70 ? N’existe-t’il pas entre ces deux hommes une sorte de miroir, paternel ou filial, qui renvoie leur propre image l’un à l’autre ?

Pour autant, peut-on parler de paix définitive entre ces deux-là ? Si Jacques CHIRAC avait d’autres atouts sous la main.... Mais, pour l’instant, il n’en a pas.

En attendant, lors de la constitution du gouvernement RAFFARIN III, on peut observer que Jacques CHIRAC a mis Mr De VILLEPIN - le Ministre le plus emblématique et qui avait le mieux réussi par sa lucidité - au ministère de l’Intérieur, ministère parmi les plus exposés de tous. Une façon de mettre en orbite un de ses très proches. Si la croissance revenait, ce dernier serait sans doute un autre atout retrouvé.... face à Mr SARKOZY.

Mr CHIRAC n’est jamais si bon que lorsqu’il est mis à l’épreuve et que tout lui semble défavorable. Ce n’est pas la première fois que la droite dise de lui qu’il est une “catastrophe”, qu’il la “plombe”, etc.... Rien ne dit que, dans quelques mois, on ne verra pas cette même droite se réfugier sous l’aile tutélaire du Président en proclamant qu’il est “le meilleur d’entre tous”. Mais, pour cela, il faudrait que... Avec beaucoup de “si” à la clef. Et d’autres appuis.

La prochaine échéance est en 2007. “Putain, trois ans encore, c’est long !”.

Il peut s’en passer des choses d’ici là. La politique, c'est aussi çà.

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