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mercredi, 25 août 2004

À PROPOS DE L'ÉCONOMIE et le SOCIAL

BILLET du 25/8/2004

Telle la rosée bienfaitrice, la voici revenue cette croissance attendue. Bienvenue passagère qui exige que l’on sache en tirer le profit le plus judicieux avant qu’à nouveau elle ne s’évanouisse.

On peut cependant regretter son manque de générosité : un peu plus de 2% seulement chez nous quand on constate qu’elle est de 4% aux USA et de 8% en Asie. De quoi s’interroger sur notre capacité à l’attirer plus généreusement. Et on peut encore s’interroger sur les conséquences de l’actuelle envolée des cours du pétrole qui risquent fort de limiter ses bienfaits si le désordre actuel devait perdurer.

Il est heureux de constater qu’au contraire de nos précédents gouvernants, ceux actuels ne semblent pas céder aux sirènes de la démagogie et engloutir ce très modeste profit dans de nouvelles dépenses, fussent-elles sociales. Encore que l’on a vu certains ministres que cela pouvait tenter... Il nous faut, tout au contraire, alléger le plus possible notre budget d’une part des intérêts vertigineux que la France doit payer chaque jour au titre de sa dette (1.000 milliards €, soit un poids de près de 37.000 € par salarié !), dette inouïe qu’elle a contractée au fil des années et qu’il faut donc réduire chaque fois que possible. Il faut redonner de façon durable les moyens de plus de vigueur à notre économie.

C’est là que l’on peut voir s’opposer deux conceptions politiques, l’une qui voudrait à tout prix favoriser le social, l’autre l’économie.

Y a-t’il réellement antagonisme entre les deux ? Est-ce que favoriser l’un doit se faire nécessairement au détriment de l’autre, un peu comme les deux plateaux d’une balance dont l’un baisse quand l’autre monte ?

Cette dualité du corps économique et de son âme sociale ne date pas d’aujourd’hui : c’est la traduction d’une vulgate marxiste qui a donné bonne conscience à la gauche et instillé d’insondables remords à la droite. Le résultat de cette doctrine nous a valu, particulièrement en France, une ascension vertigineuse des impôts et des cotisations sociales en même temps que la dégradation du sentiment de sécurité de nos compatriotes quant à l’avenir de leur emploi, de leurs retraites, de leur santé ou encore de leur système éducatif. Cette inquiétude se traduit par une thésaurisation parmi les plus élevées du monde, tandis que l’appareil de production s'appauvrit et investit de moins de moins.

Il se trouve pourtant certains chantres qui refusent de prendre acte que la social-démocratie à la française est un sévère échec et qui veulent cependant exporter son hérésie chez nos partenaires dans le cadre d’une Europe sociale, intention par ailleurs fort généreuse dans son principe. Les conséquences de cet échec sont pourtant accablantes : • des pertes de marchés dues à la dégradation de notre compétitivité qui s’enfonce dans le bas du classement • un décrochage de nos exportations, notamment vers le premier marché du monde : l’Asie • des retards dans nos investissements qui aggravent la situation de l’emploi (un jeune sur cinq réduit au chômage de longue durée). Pour palier à cet échec, l’on a même cédé à la tentation d’alourdir la fonction publique : en France nous comptons maintenant un agent sur quatre actifs, contre un sur six ou sept chez nos partenaires. C’est oublier que le déficit d’emplois privés face à l’emploi public entraîne le déséquilibre, donc la dégradation, de nos finances.

Autres faits encore : • la France est l’un des pays au monde où le taux d’activité est le plus faible et où le taux de chômage est parmi les plus élevés, l'un générant l'autre • le français aime aussi se figer à conserver des emplois anciens et entraver de fait la création d’emplois nouveaux • enfin le mythe tenace de la redistribution des revenus et du patrimoine : en fait de redistribution, l’on a surtout favorisé l’évasion des capitaux dans des pays moins stérilisants. On agit comme si ce qui est pris à l’un profite nécessairement à l’autre - salariés, chômeurs, retraités, malades - et que rien ne se perd ni ne se crée. L’habituelle mythologie de gauche toujours autant hors des réalités !

On pourrait, hélas, multiplier ces exemples.

Pourquoi donc en France, s’interroge le Président de l’ACFCI, l’emploi dépend-il d’un ministère social plutôt que d’un ministère économique ? Question qui ne manque pas d’intérêt révélateur.

La réponse est qu’en France le travail est considéré comme une richesse à partager et à réglementer plutôt qu’à créer. La Loi dite de modernisation sociale destinée à empêcher les licenciements, plus les lois imposant uniformément les 35 heures - et dont on sait les résultats - ont marqué l’apogée de notre hérésie économique. Faute d’abroger ces lois votées par la gauche, la droite se contente de vouloir les aménager par une nouvelle Loi - une de plus - dite de cohésion sociale.

Que peut-il enfin rester au social quand on tarit la source même de ses moyens ? Ce n’est pas ainsi que l’on rendra une nouvelle dynamique tant à notre économie qu’à notre politique sociale. Dans ce marché de dupes, nous sommes tous perdants.

Il nous faut d’urgence changer radicalement de politique.

Le petit clin d‘œil actuel de la croissance doit donc être le moment privilégié de donner plus de chances à notre économie - condition d’un mieux social - et pouvoir amorcer ce nécessaire virage à 180° degrés.

Le temps presse : il ne nous reste plus que trois ans pour réussir. Toute hésitation serait une mauvaise action contre la France.

Courage, ne fuyons pas !

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