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dimanche, 01 juin 2003

À PROPOS DU PARTI SOCIALISTE

BILLET du 1/6/2003

Le Parti Socialiste vient de tenir son premier Congrès après sa cuisante défaite de 2002. Qu’en-a-t-il retenu ? On peut rester perplexe devant le spectacle qu’il nous a offert.

Il lui fallait tenter de refaire son unité pour reconquérir un pouvoir qu’il a perdu : pas moins de 5 motions se sont entre-déchirées. La motion HOLLANDE l’a apparemment emporté. Mais à quel prix ! Je dis “apparemment” quand je vois l’exemple de la toute-puissante Fédération du Nord qui a fait aussitôt sécession et chassé de sa direction tous les membres de la nouvelle majorité pour mettre en place.... l’extrème-gauche pro-Emmanuelli.

Le Parti Socialiste - est-il seul ? - semble incapable d’avoir à sa tête un Tony BLAIR, c’est-à-dire un vrai réformateur qui déciderait de “virer la cuti” - cette fois-ci idéologique - parce qu’il est évident que l’ancien système ne marche plus et a conduit au désastre de 2002. Et de voir qu’on se livre de nouveau aux vieilles litotes d’un passé désuet : et d’entendre Mme GUIGOU lancer à la tribune du “camarades, camarades, camarades !” en ayant perdu tout sens du ridicule. Même Laurent FABIUS, dont on peut imaginer qu’il est celui qui réfléchit le mieux, s’est trouvé obligé de faire des concessions à la gauche et dont on espère qu’il n’en croit pas le premier mot.

Qui donc a gagné ce Congrès ? Du point de vue statistique, c’est HOLLANDE. Du point de vue politique, c’est FABIUS : il est vrai qu’il est bon orateur et il est un parfait démagogue quand il est dans l’opposition alors que, lorsqu’il était au pouvoir, il faisait l’inverse de ce qu’il déclare aujourd’hui. Mais idéologiquement, c’est bien Guy MOLLET qui a gagné ce Congrès : le “molletisme” (1956) est en effet une culture socialiste schizophrène qui fait que l’on fait une chose dans l’opposition et on fait le contraire au pouvoir. D’où cette série d’enthousiasmes, suivis de périodes d’effondrement, qu’a traversées le Parti Socialiste : faire croire, comme le fait le PS actuellement, qu’on pourrait se passer des réformes (“retirer les projets”) sans rien dire de ce que l’on ferait à la place, c’est du “molletisme” pur sucre.

Mais ce qui a le plus frappé dans ce Congrès, c’est ce tabac fait à Bernard THIBAULT et sa CGT pure et dure, et entendre parallèlement FABIUS suspecter la CFDT de “trahison” ! Nous sommes en plein cinéma.

Les mœurs de ce Congrès sont celles issues du 19° siècle : quand on voit ces bons bourgeois - car ce sont des bons bourgeois ! - dénoncer les “riches” et chanter l’”Internationale”, on est dans la plus pure dérision. (Les prolos, eux, ne chantent plus l’”Internationale”, ils ne dénoncent plus les riches mais vont du côté de chez LE PEN.... parce qu’ils en ont assez de ce cinéma). Ces gens-là, qui se livrent à de telles contorsions, ne sont pas dignes de leurs électeurs. Les socialistes n’ont fait qu’un Congrès à destination de leurs militants. Pas à destination des électeurs.

Ce Congrès-là a donné un spectacle indigne de la politique par l’incapacité dont il a fait preuve de se réformer, par la comédie qu’il se croit tenu de jouer pour reconquérir un électorat que l’on berne.

Évitons à la droite de tomber dans de semblables travers. Nous n’avons pas le droit de cacher la vérité aux français. Or, trop souvent, l’on a entretenu les illusions. Nous risquons de glisser alors vers une situation très dangereuse qui aboutirait à un redoutable “coup de torchon”. La France et les français n’ont pas besoin de ça.

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