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jeudi, 02 janvier 2003

À PROPOS DES ÉLECTIONS PROFESSIONNELLES

BILLET du 2/01/2003

Voici moins d’un mois, c’était le 11 Décembre, ont eu lieu dans toute la France les élections professionnelles. Ces élections avaient pour objectif de désigner les personnes appelées à rendre un arbitrage dans tous les litiges professionnelles opposant des salariés à leurs employeurs.

L’institution “prud’hommale” obtient un énorme succès auprès des ressortissants, à en juger par le nombre d’affaires dont cette juridiction est constamment saisie.

Or, ce 11 Décembre, 2 électeurs sur 3 n’ont pas voté. C’est parfaitement scandaleux. Pire : c'est très grave.

Pour expliquer cette abstention - qui ne cesse de croître de scrutin en scrutin - on peut toujours invoquer certaines faiblesses d’organisation de ces élections. Mais ceci n’explique pas tout.

À qui la faute ? Au gouvernement ? Aux syndicats ? Soyons clair : c’est surtout de la faute des salariés eux-mêmes, alors qu’il s’agit bien pour eux de défendre une conquête fondamentale. C’est une perte de leur conscience sociale, liée aussi à une part d’individualisme.

Mais si l’on analyse plus loin ce désintérêt, force est aussi de constater celui des salariés français face aux organisations syndicales elles-mêmes. La France a désormais le taux le plus faible du monde de représentation syndicale : 9,1% contre, par exemple, 90% en Suède. Même les USA sont à 15%.

En France, la démocratie sociale ne fonctionne évidemment plus.

Mais on peut aussi expliquer ce désintérêt par une trop forte politisation des syndicats eux-mêmes. Nombre de salariés estiment en effet que les organisations syndicales sont davantage préoccupées de faire des “coups” à vocation idéologique qu’à défendre les salariés eux-mêmes. Et pour couronner le tout, nous assistons enfin aux querelles totalement archaïques, entre les organisations syndicales elles-mêmes.

Pour exemple, à NÎMES, ces querelles entre syndicats ont ruiné l’existence du Comité des Œuvres Sociales (COS) municipal, après 48 années d’existence.

Pour autre exemple encore, la querelle entre la CFDT et la CFTC sur la référence à l’étiquette chrétienne a divisé ce courant : or si ces deux centrales étaient restées unies, elles seraient aujourd’hui la première centrale syndicale, avant même la CGT. Et ce n’est pas le seul exemple que l’on pourrait citer.

Si les syndicats n’ont pas le courage de se réunifier, ils n’auront que ce qu’ils méritent, c’est-à-dire leur perte de représentativité. Donc leur perte de crédibilité.

Le législateur a désormais le champ libre pour dire le droit social. Face à lui, il n’a plus d’interlocuteur réellement représentatif. Le seul interlocuteur qui reste est celui de la rue. Et celui-là est totalement incontrôlé, donc incontrôlable.

Dans les grandes réformes sociales que le gouvernement va devoir engager, non sans courage car elles sont devenues nécessaires et urgentes, la partie n’est pas sans risques. Un passé récent nous l’a déjà démontré. L’absence de représentation syndicale n’a fait qu’augmenter ce risque. C’est la conséquence de la perte de démocratie sociale.

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