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mardi, 07 janvier 2003

À PROPOS DE SONDAGES & RÉALITÉS

BILLET du 7/1/2003

Il y a peu de mois, n’étaient ni tendres ni très nombreux les spécialistes de la presse politique - et les “politiques” eux-mêmes - à prêter quelqu’avenir que ce soit à l’UDF de François BAYROU, malgré des sondages en contradiction qui plaçaient ce dernier sur les sommets. Et chacun d’attendre l’effondrement final pour sonner l’hallali.

Chacun a pu l’observer : tous se sont tus depuis. Le ton a changé. Les regards aussi.

Que s’est-il passé ?

Il y a d’abord la réalité des faits. D’aucuns annonçaient le ralliement massif des adhérents de l’UDF au nouveau mouvement de substitution créé par le RPR et DL, la toute nouvelle UMP. Ils annonçaient de même le ralliement des adhérents de DL, du Parti Radical et de divers autres groupuscules. Et déjà d’annoncer que l’UMP comptabilisait 164.500 adhérents.

Est venue la grande désillusion des élections internes à l’UMP du 17 Novembre : sur les 164.500 adhérents revendiqués, malgré des moyens d’expression exemplaires et très en pointe - vote par Internet notamment - moins de 30% des électeurs inscrits se sont prononcés. Grosse surprise. Et alors que Mme ALLIOT-MARIE avait été élue Présidente du (seul) RPR avec plus de 57.000 suffrages, Mr JUPPÉ, candidat à la présidence de l’UMP, n’a recueilli au sein de la nouvelle coalition que 37.000 voix. Où donc sont passés les autres ? Et chacun de revoir sa copie.

Et de constater que ce grand rassemblement - dont on ne sait s’il relevait du rêve ou de l’utopie - est beaucoup moins rassembleur qu’on l’estimait. Les français - et ce n’est pas la moindre de leurs qualités - ont gardé un solide bon sens. Le “parti unique”, c’est pas pour eux. Le choix de l’alternance limitée entre seulement l’UMP et le Parti Socialiste, ils n’en veulent pas. Il n’y avait guère que Mr LE PEN pour s’en réjouir secrètement.

Et de constater par ailleurs que l’UDF, qui dénombre environ 58.000 adhérents, n’a perdu au profit de l’UMP que 2 à 3.000 adhérents (Le Monde du 19/11). Que le Parti Radical, dont 3 de ses derniers Présidents nationaux ont refusé de se dissoudre dans l’UMP, s’est considérablement morcelé et que grand nombre de ses adhérents ont choisi de rester dehors. À tel point que l’actuel Président du Parti Radical - François LOOS - Ministre du gouvernement de Mr RAFFARIN, s’est prudemment rangé sur une solution tout-à-fait iconoclaste qui consiste à ne plus se dissoudre dans l’UMP mais seulement y être “associé” tout en restant “indépendant”. Que DL aussi a vu grand nombre de ses adhérents rejoindre un courant libéral issu de l’ex-Parti Républicain qui a refusé aussi de se dissoudre dans l’UMP. (Il est vrai que certaines déclarations désobligeantes de Mr JUPPÉ à l’égard de Mr MADELIN n’ont pas arrangé les relations entre ces deux sensibilités).

Quant à l’UDF, sa position relève presque de l’insolence. Non seulement François BAYROU, de sondages en sondages et de mois en mois, se situe toujours sur les sommets et bien avant les leaders de l’UMP, voici maintenant que l’UDF compte 6 points de mieux que l’UMP, 10 de mieux que le PS et se situe désormais comme le mouvement politique en tête de tous en matière de popularité aux yeux des français.

Évidemment, des sondages ne sont que des sondages. Leur volatilité est bien connue et il faut toujours relativiser ce qu’ils expriment. Et surtout inciter à beaucoup de modestie. Évidemment aussi, les bourdes successives de Mr JUPPÉ n’ont pas favorisé l’image de l’UMP. Et cette dernière en pâtît. (La presse de ce jour annonce même que l’UMP est obligée de se séparer d’une partie du personnel de son siège, ce qui n’est jamais un signe de très bonne santé)

Le (très modeste) secrétaire départemental de l’UDF du GARD (que je suis) vient d’établir un autre constat. Chargé de gérer et comptabiliser les adhésions de la Fédération, il a été surpris de constater que pour toute l’année 2002, les nouveaux adhérents à l’UDF du GARD représentent 31,32% de la totalité de ses membres. Et sur le seul dernier trimestre 2002, les nouveaux entrés représentent même 59,65% des adhésions enregistrées. Un record absolu. Et parmi ces nouveaux, grand nombre viennent de DL, d’autres en direct du Parti Radical (dont le dernier Président Départemental, Jean-Luc CHAPON, est resté au sein de l’UDF avec bon nombre de ses adhérents), d’autres du PPDF, et nous avons même dénombré plusieurs militants notoires gaullistes.... de l’ex-RPR. Du jamais vu !

Que nul ne s’imagine qu’il faille pour autant se réjouir des difficultés rencontrées par nos partenaires. Nous avons tous besoin des uns et des autres. Nous avons besoin d’une UMP unie et forte comme, réciproquement, l’UMP a besoin d’une UDF en pleine vitalité.

Seule l’union de tous, autour de candidats choisis en commun, pourra nous assurer de nos futures victoires.

Mais est loin désormais le temps où certains croyaient pouvoir nous imposer leurs diktats. La majorité - qu’elle soit présidentielle, parlementaire ou municipale - repose sur deux piliers bien établis. Elle marche de nouveau équilibrée sur deux jambes. Et plus à cloche-pied.

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