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jeudi, 21 novembre 2002

À PROPOS DE L'IMMIGRATION

BILLET du 21/11/2002

Nos pays dits civilisés, c’est-à-dire ceux ayant une culture du respect des individus, sont confrontés au problème de l’asile des clandestins et de l’immigration en général.

Sangatte n’est qu’une facette de ce problème. Sa fermeture, même si elle est devenue incontournable, ne résout rien sur le fond. La multiplication des flux migratoires, facilitée par la mondialisation et l'ouverture de nos frontières, rend nos nations plus fragiles. Ne pouvant évidemment recueillir toutes la misère du monde, cette situation exige donc une réflexion en profondeur sur la politique de nos nations - donc européenne - de l’asile, et celle à adopter face aux clandestins. L’aggravation actuelle de la situation peut, si l’on n’y prend garde d’urgence, mettre en péril la santé de nos pays et leur propre cohésion.

L’exemple de Sangatte révèle aussi par ailleurs la propension de certains agitateurs qui, pour des raisons purement politiques, exploitent la misère de ces malheureux exilés et n’hésitent pas à s’en servir pour contrecarrer paradoxalement toute velléité d’arrêter l’aggravation de cette situation.

Certains ne manquent pas de rappeller la longue tradition de la France d’accorder le droit d’asile à ceux qui, pour les raisons les plus diverses, étaient menacés jusque dans leur existence dans leur pays d’origine. Mais aujourd’hui l’immense foule des immigrés ou clandestins ne peut plus se prévaloir du droit d’asile pour justifier leur présence en si grand nombre sur notre sol. Ce sont surtout nos richesses qui attirent ces malheureux, exploités jusqu’à la misère par des passeurs qui leur ont demandé de véritables fortunes et fait miroiter mensongèrement un avenir de rêve dans nos pays.

Mais puisque l’immigration est et reste nécessaire à nos pays - celle contrôlée, pas celle sauvage évidemment - pour notre propre développement, il demeure regrettable que nous n’ayons toujours pas de politique définie pour savoir quels sont ceux de ces migrants que nous pourrions accueillir sur notre sol et ceux qu’il nous faut impérativement renvoyer chez eux.

Le choix actuel des autorités qui décident de ces retours est totalement empirique et irréfléchi. Et comment ne pas évoquer le droit de ces immigrés implantés sur notre sol depuis des années, voire depuis leur enfance, parfaitement intégrés dans notre société, y travaillant et y ayant souvent fondé une famille ? Pour ceux-là, il est tout-à-fait stupide de prétendre les renvoyer dans un pays étranger qui n’est plus - ou n’a jamais été - le leur. Ils ont acquit le droit irrévocable de vivre et de travailler à nos côtés.

Il est donc devenu urgent que nous définissions une politique claire et affirmée sur le droit d’asile, le droit des sans-papiers et l’intégration en général. Tarder à le faire, ignorer que l’inévitable regroupement familial ne fait qu’aggraver la situation, c’est aller droit dans le mur. Et nos sociétés ne sont pas prêtes à le supporter.

Nous n’avons plus le droit d’agir en continuant de fermer les yeux. Face à un si grave problème, il nous faut être lucides.

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