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vendredi, 18 juillet 2003

À PROPOS DE PROMESSES

BILLET du 18/7/2003

Oui, c’est vrai, le poids de la charge fiscale en France a atteint, sinon dépassé, les limites du tolérable. Mr JOSPIN n’a pas su profiter des années d’excèdents pour diminuer l’endettement de la France et lui donner un nouvel élan: tout au contraire, il en a augmenté la lourdeur du train de vie.

Mr CHIRAC avait justement déclaré qu’il nous fallait diminuer désormais ce poids. Et de là les promesses que l’on sait, promesses qu’il a renouvelées lors de son point presse du 14 Juillet.

Mais quelle crédibilité peut-on aujourd’hui accorder à de semblables promesses ?

Dès 2002, puis en 2003, un premier geste fut accordé sur le barème des impôts sur le revenu. Mais qui dit baisse de l’impôt exigeait baisse parallèle des dépenses de l’État. Or, on n’a pas eu le courage d’enrayer l’embauche de 38.000 nouveaux fonctionnaires, s’ajoutant aux centaines de milliers d’autres créés par Mr JOSPIN.

On sait les conséquences : aujourd’hui, la situation de la France est plus que très mauvaise. Son indépendance économique est menacée. Ses engagements européens pris lors de son accession à la zone euro ne sont pas respectés, et de loin. Est-elle seule dans ce cas ? Non. Mais est-ce un prétexte pour continuer à être un des plus mauvais élèves de l’Europe ? Quel avenir peut avoir notre Europe si chacun continue de jouer comme il veut dans son camp ? Et voilà que, parce que le thermomètre indique que la France a la fièvre dépensière, on nous propose comme solution.... de casser tout simplement le thermomètre en faisant sauter les critères de stabilité. Où est le sérieux d’une telle proposition ?

Autre promesse : celle de faire baisser le taux de la TVA dans la restauration pour l’uniformiser au taux des ventes des aliments à emporter. Sur le principe, on ne peut qu’applaudir car c’est une décision équitable à laquelle il fallait parvenir. Mais c’est une nouvelle charge de plus de 3 milliards d’euros (≥21 milliards de francs) que la France va devoir supporter en plus sur un budget 2004 déjà problématique en raison de l’atonie de la croissance économique. “On ne sait encore comment on financera cette mesure” déclare-t-on déjà à BERCY. Échappera-t-on au relèvement de 5,5 à 19,6% du taux de TVA sur les travaux effectués par les artisans au profit des particuliers et ce dès le 1er Janvier prochain, date limite d’une dérogation qui avait été accordée exceptionnellement à la France à titre temporaire ? On peut en douter.

S’agissant de la baisse de la TVA sur la restauration, l’on pourrait croire qu’elle sera compensée par un accroissement de l’embauche dans cette profession. Mais un récent rapport de la Commission indiquait qu’”une baisse de la TVA n’est jamais la mesure la plus efficace pour stimuler l’emploi et la croissance” et de préciser que “son coût est élevé par rapport à ses effets économiques”.

On a déjà constaté que les baisses des barèmes de l’impôt sur le revenu accordées par Jacques CHIRAC n’ont eu aucun effet sur le taux de la croissance en France. Faut-il poursuivre nos efforts dans cet axe ?

Si baisse des impôts il doit y avoir, la première exigence est de réduire de façon drastique le train de vie de l’État. La seconde n’est plus de baisser l’impôt sur le revenu mais de cibler tout ce qui peut favoriser l’investissement, l’emploi (notamment par une baisse des charges sur les bas salaires), favoriser la recherche, développer l’épargne, etc.... Ce sera moins populaire car cela ne touchera pas directement les ménages. Mais ce sera autrement plus efficace.

Arrêtons donc de promettre n’importe quoi : le “retour de bâton” ferait plus de dégâts que le mal que l’on veut soigner aujourd’hui.

“La politique ne peut plus promettre des lendemains qui chantent et repousser toujours la résolution des problèmes du quotidien” (Jean-Pierre Raffarin -  3 Juillet 2002)