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jeudi, 28 novembre 2002

FIDÉLITÉ & ENGAGEMENTS

Le 28/11/2002

Je suis surpris de recevoir depuis ce matin tant de témoignages spontanés, souvent de soulagement, de nombre de nos amis ou sympathisants qui ont lu la bonne nouvelle : Yvan LACHAUD, député du GARD, investi successivement, comme en 1997, d’abord par sa famille politique - l’UDF - puis ensuite par le RPR (devenu depuis peu “UMP” à la suite de sa fusion-absorption avec DL), Yvan LACHAUD, donc, a décidé de rester fidèle à sa famille d’origine, à ses valeurs et siégera désormais à l’Assemblée sur les bancs de l’UDF.

Pour ceux qui ont l’honneur de partager depuis longtemps, comme moi-même, l’amitié d’Yvan, nous n’avions aucun doute sur l’homme, sa fidélité et le respect de ses engagements :

• Il a pris l’engagement de soutenir le Président de la République : il a tenu parole et il continuera de le soutenir.

• Il a pris l’engagement de soutenir le gouvernement de Mr RAFFARIN au sein duquel il compte nombre d’amis personnels : là encore il a tenu sa parole et il continuera de le faire.

• Il a pris l’engagement de participer aux travaux de fondation de l’UMP afin que ce mouvement devienne un véritable rassemblement de toutes les forces de la droite et du centre et où chaque sensibilité trouverait sa place et sa liberté d’expression. Il a tenu sa parole.
Sauf que le résultat finalisé lors du Congrès du BOURGET n’est pas à la hauteur des attentes d’innombrables concitoyens qui veulent, comme nous, l’union dans la liberté d’opinion et d’expression. Cet épisode décevant libérait donc notre ami de ses obligations vis-à-vis de nos partenaires de l’UMP pour poursuivre son combat autrement, mais toujours dans la majorité.

• Il a pris encore l’engagement de soutenir la majorité régionale réunie autour de Jacques BLANC. Il a tenu parole et y restera fidèle.

• Il a pris aussi l’engagement, vis-à-vis des nîmois, de soutenir la majorité municipale d’union UDF-RPR et DL réunie autour de Jean-Paul FOURNIER. Il a tenu parole et y restera fidèle.

Fidélité donc à sa famille. Fidélité à ses valeurs. Fidélité à ses engagements. Voilà qui fait honneur à l’homme et à tous ceux qui lui ont accordé leur confiance.

Lorsqu’on assiste quotidiennement dans le monde politique au triste spectacle des opportunistes et alimentaires de tous bords, de tels exemples sont devenus trop rares aujourd’hui pour qu’on ne salue pas la grandeur et la noblesse du geste.

C’est un grand moment que nous vivons et dont nous pouvons tous être fiers.

Merci Yvan.

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jeudi, 21 novembre 2002

À PROPOS DE L'IMMIGRATION

BILLET du 21/11/2002

Nos pays dits civilisés, c’est-à-dire ceux ayant une culture du respect des individus, sont confrontés au problème de l’asile des clandestins et de l’immigration en général.

Sangatte n’est qu’une facette de ce problème. Sa fermeture, même si elle est devenue incontournable, ne résout rien sur le fond. La multiplication des flux migratoires, facilitée par la mondialisation et l'ouverture de nos frontières, rend nos nations plus fragiles. Ne pouvant évidemment recueillir toutes la misère du monde, cette situation exige donc une réflexion en profondeur sur la politique de nos nations - donc européenne - de l’asile, et celle à adopter face aux clandestins. L’aggravation actuelle de la situation peut, si l’on n’y prend garde d’urgence, mettre en péril la santé de nos pays et leur propre cohésion.

L’exemple de Sangatte révèle aussi par ailleurs la propension de certains agitateurs qui, pour des raisons purement politiques, exploitent la misère de ces malheureux exilés et n’hésitent pas à s’en servir pour contrecarrer paradoxalement toute velléité d’arrêter l’aggravation de cette situation.

Certains ne manquent pas de rappeller la longue tradition de la France d’accorder le droit d’asile à ceux qui, pour les raisons les plus diverses, étaient menacés jusque dans leur existence dans leur pays d’origine. Mais aujourd’hui l’immense foule des immigrés ou clandestins ne peut plus se prévaloir du droit d’asile pour justifier leur présence en si grand nombre sur notre sol. Ce sont surtout nos richesses qui attirent ces malheureux, exploités jusqu’à la misère par des passeurs qui leur ont demandé de véritables fortunes et fait miroiter mensongèrement un avenir de rêve dans nos pays.

Mais puisque l’immigration est et reste nécessaire à nos pays - celle contrôlée, pas celle sauvage évidemment - pour notre propre développement, il demeure regrettable que nous n’ayons toujours pas de politique définie pour savoir quels sont ceux de ces migrants que nous pourrions accueillir sur notre sol et ceux qu’il nous faut impérativement renvoyer chez eux.

Le choix actuel des autorités qui décident de ces retours est totalement empirique et irréfléchi. Et comment ne pas évoquer le droit de ces immigrés implantés sur notre sol depuis des années, voire depuis leur enfance, parfaitement intégrés dans notre société, y travaillant et y ayant souvent fondé une famille ? Pour ceux-là, il est tout-à-fait stupide de prétendre les renvoyer dans un pays étranger qui n’est plus - ou n’a jamais été - le leur. Ils ont acquit le droit irrévocable de vivre et de travailler à nos côtés.

Il est donc devenu urgent que nous définissions une politique claire et affirmée sur le droit d’asile, le droit des sans-papiers et l’intégration en général. Tarder à le faire, ignorer que l’inévitable regroupement familial ne fait qu’aggraver la situation, c’est aller droit dans le mur. Et nos sociétés ne sont pas prêtes à le supporter.

Nous n’avons plus le droit d’agir en continuant de fermer les yeux. Face à un si grave problème, il nous faut être lucides.

lundi, 11 novembre 2002

À PROPOS DES ÉLECTIONS US

BILLET du 11/11/2002

Contre toute attente, même si les règles électorales aux USA laissent toujours planer quelqu’incertitude, le Président BUSH Jr a remporté une victoire éclatante en remportant le contrôle et du Sénat et de la Chambre des Représentants. Victoire d’autant étonnante qu’il faut remonter à de longues décennies pour voir un Président US disposer à mi-mandat d’une telle majorité dans ces deux assemblées.

       Si une telle victoire avait eu lieu dans tout autre pays que les USA, l’on pourrait y être indifférents. Mais les USA jouant le rôle planétaire qu’on leur connaît, et puisque l’Europe n’est pas encore capable d’y faire contre-poids, cette main-mise absolue de BUSH Jr nous concerne tous, et sur tous les plans : militaire, politique, économique, etc.....

       La personnalité même de BUSH Jr, perçue jusqu’ici comme assez équivoque, après une élection tirée quelque peu par les cheveux à la suite de quelques tractations électorales dont seuls les USA ont le secret, prend aujourd’hui une toute autre dimension. Voici donc ce Président, un peu cow-boy, shérif en chef du monde occidental, à la fois moralisateur, prédicateur et va-t-en-guerre, qui prêtait tant à sourire dans les milieux bien-pensants, voici donc ce Président auréolé de cette victoire acquise près du peuple américain.

       Pourtant, les USA de BUSH Jr n’ont pas, et de loin, les meilleurs indicateurs. Ralentissement de l’économie, montée du chômage, dollar qui peine à garder son niveau. Généralement, cela conduisait les électeurs à manifester leur sanction en guise d’avertissement. Quant au programme promis par BUSH Jr, il n’est pas tourné vers le redressement de l’économie, il est tout simplement la guerre, avec des GI exposés à la mort dans des terres lointaines, au nom de principes pas toujours très explicites pour le commun des mortels que nous sommes. Seule l'industrie de l'armement y trouve une nouvelle santé.

       Que s’est-il passé dans les esprits du peuple américain dont on sait la tentation de se replier sur lui-même dès lors que nulle menace ne plane sur mon mode de vie et sur son propre territoire ?

       On ne peut s’empêcher, pour expliquer un tel revirement, d’évoquer le choc du 11 Septembre. Il n’a pas fait seulement s’écrouler les deux tours du WTC, il a fait naître dans le peuple américain le sentiment qu’il était désormais en guerre contre un ennemi sous-terrain, invisible, insaisissable jusque dans ses motivations. Et BUSH Jr a su extraordinairement exploiter ce phénomène jusqu’à en faire une sorte d’obsession : Al Qaïda, Ben Laden, Sadam Hussein font désormais partie du quotidien US. Il y avait jadis les vedettes qui faisaient rêver. Il y a aujourd’hui celles qui font trembler tout un peuple et développent chez lui le sentiment de son insécurité omni-présente.

       Voici donc un Président qui a aujourd’hui les mains libres, dispose de la plus puissante armée du monde et peut, du jour au lendemain, sans même s’embarrasser de l’avis de ses alliés - via ou non l’ONU - déclencher une guerre dont nul ne connaît l’issue pour l’ensemble du monde occidental. Et si ce Président veut être réélu en 2004, il a tout intérêt à ce que cela dure. Et cela durera vraisemblablement.

       À défaut d’avoir construit l’Europe - qui seule aurait pu contre-balancer cette fantastique menace qui est à sa porte - le débat intérieur franco-français prend un caractère totalement dérisoire. Que valent nos projets, nos rêves quand notre économie, notre propre sécurité se trouvent menacées avec une telle violence sur notre propre sol ? Car la guerre qui menace sera une guerre aux conséquences encore mal mesurées mais dont on pressent déjà qu’elle ébranlera nos belles certitudes.

       Mais on sait en France les vertus soporifiques des belles idées et des grandes phrases. Il n’en manquera certainement pas encore pour entretenir nos illusions.

mardi, 05 novembre 2002

À PROPOS DE L'EUROPE

BILLET du 5/11/2002

Je reviens sur le sujet de l’Europe.

       Lors du dernier sommet de Bruxelles, l’on pourrait croire que tout est arrangé quant à la pérennité de l’Europe par l’accord-surprise intervenu entre la France et l’Allemagne sur la PAC (Politique Agricole Commune), PAC si chère à la France, mais par ailleurs si chère financièrement à l’Europe.

       Un hebdomadaire a qualifié récemment l’Europe politique d’”ectoplasme” et ce avant même leur intégration dans l’”Union Européenne” de 10 nouveaux pays. Qu’en sera-t-il après si rien n’est entrepris auparavant ? C’est une masse qui nous tombe dessus alors même que le logiciel qui devrait permettre de faire fonctionner l’Europe des 15 est complètement obsolète.

       Nous sommes actuellement dominés par la menace d’une guerre des USA contre l’Irak. La France de Jacques CHIRAC a pu jouer un rôle particulièrement actif et fécond pour tenter de dénouer cette crise. Mais une fois encore, l’Europe n’a joué aucun rôle. Pas même l’Allemagne, empêtrée il est vrai dans ses élections. Mais il est assez paradoxal de constater que les succès de la diplomatie française ont plutôt fait reculer un peu plus l’idée européenne.

       Nous superposons désormais les crises. Il y a notamment celle financière, aggravée par les égoïsmes qui s’affrontent sans aucun esprit européen : les français ne pensent qu’à sauver la PAC, les espagnols ne songent qu’aux fonds structurels, les allemands qu’à payer un peu moins, les anglais à avoir les ristournes, etc..... Rien n’est réglé sur le fond. Tout au plus a-t-on reporté certaines échéances sans que cela résolve quoique ce soit.

       Il y a bien sur la commission présidée par Valéry GISCARD d’ESTAING. Mais n’a-t-on pas mis la charrue avant les bœufs ? Si déjà cette commission avait mis un mode de régulation des problèmes politiques en place, nous aurions pu alors accueillir nos 10 nouveaux partenaires dans de bien meilleures conditions. Mais comme rien n’est décidé à propos de nos institutions, nous accueillons ces 10 pays dans une zone de "libre échange". Et comme elle leur est plus favorable, ces nouveaux pays y tiendront ferme. Il est d’ailleurs paradoxal, si ce n’est révélateur, que le projet concocté par cette Commission prévoit les modalités.... de sortie de nos pays de l’Union Européenne. Prudence face aux difficultés annoncées ?

       Nous avons observé jusqu’ici une ascension de l’Europe depuis sa création par SCHUMANN et jusque tout récemment. Nous atteignons aujourd’hui le “point de rebroussement” de l’Europe, surtout depuis le calamiteux traité de NICE.

       Il était indispensable de créer d’abord une Europe politique. Déjà, à 15, ce n’était pas facile. On aurait pu cependant commencer à la construire entre les états qui la veulent, notamment les 2 piliers que sont la France et l’Allemagne. Mais si tant est que la France et l’Allemagne la veulent réellement ! D’autres - Italie, Espagne, Benelux - auraient vraisemblablement suivi. Car rien ne peut fonctionner sans la relance du cœur politique de l’Europe que constituent la France et l’Allemagne.

       Il n’est cependant pas assuré, à l’évidence, que la France veuille réellement de cette Europe politique. Ce qui réjouit beaucoup les anglais tant ils considèrent que la politique de la France, au-delà des rhétoriques de façade, se rapproche de plus en plus de la politique thatchérienne de libre échange, cramponnée qu’elle est, au national, à l’Europe des Nations. (L’actuelle fâcherie entre BLAIR et CHIRAC ne doit tromper personne : elle n’est guère qu’une lutte pour le leadership en Europe). Les anglais sentent qu’ils sont à la veille de remporter une grande victoire sur cette Europe qu’ils rejettent viscéralement, si la France continue de son côté d’être leur alliée de fait en matière de politique européenne.

       Quant à l’Allemagne, elle est entraînée par le pacifisme de ses verts, puis toujours confrontée aux énormes problèmes de sa réunification. L’Allemagne ne va pas bien. Elle commence à mettre en œuvre le redressement de ses finances publiques. En France, nous n’en sommes pas encore là, hélas !

       Les moteurs de la construction européenne que doivent être l’Allemagne et la France sont donc en panne.

       L’Europe, c’était le défi admirable de faire un ensemble d’abord économique, puis ensuite politique par les moyens de la négociation. Or les forces d’égoïsme national sont en train de prendre le dessus. Et, dans ce concert discordant, la France joue un rôle considérable : elle veut paraître souhaiter une Europe puissante et en même temps tout faire pour désintégrer la cohésion européenne. Les dirigeants successifs que la France a eus, hier les socialistes, aujourd’hui la droite, ne sont pas des européens convaincus. Nous sommes loins des couples KOHL-MITTERAND ou DE GAULLE-ADENAUER. Nous renions aujourd’hui tout ce qui a été fait depuis 50 ans et ce dans l’indifférence complète.

       Donc, ce que nous ne pourrons construire à 15, jamais nous ne le ferons à 25.

       Enfin, il y a le problème de l’identité européenne. Je ne sais par suite de quelle pudeur nous n’osons dire que l’Europe doit être d’abord une communauté culturelle et traditionnelle dans ses diversités. Nous n’osons pas dire que l’Europe est et doit rester la réunion de pays majoritairement imprégnés de la culture judéo-chrétienne. Cette culture est le ciment de l’Europe. Elle doit le rester. Ce doit être son gage de paix.

       Quand on voit aujourd’hui que certains s’apprêtent à accueillir au sein de cette Europe chrétienne la Turquie, de culture et de tradition musulmanes, l’on a toutes raisons d’être inquiets. La pseudo-laïcité de ses nouveaux gouvernants ne doit tromper personne : la Turquie ne fait d’abord pas partie de l’Europe. L’Europe ne peut donc l’intégrer sans le risque de se désintégrer elle-même.

       Ce qui n’exclut pas que la Turquie peut rester un lien très fort - notamment militaire - entre l’Europe et le Moyen-Orient dont elle fait partie intégrante. Et nous pouvons avoir avec elle de forts accords économiques dont elle peut avoit besoin.

       Ce lien est d’autant indispensable lorsque l’on voit en Israël la droite la plus extrémiste, celle qui couvre les innombrables crimes contre l’humanité qui y sont perpétrés au nom d’une identité raciale, y prendre un peu plus le pouvoir. Au-delà de la menace de guerre entre les USA et l’Irak, ce conflit racial en Israël est la plus grande menace immédiate qui guette l’Europe.

       Et là l’on peut mesurer encore plus l’inexistence de l’Europe. Elle est tout-à-fait dramatique.