dimanche, 14 juin 2009
À PROPOS D'UN SCRUTIN TRONQUÉ
BILLET du 15 JUIN 2009
Il est de coutume d’affirmer que toute consultation électorale est un sondage en “grandeur nature”. Certes, quand plusieurs millions d’électeurs se prononcent sur un choix, cela vaut mieux que quelques centaines de coups de fil passés par des sondeurs suivant un panel préalablement bien établi.
QUI SONT CES FRANçAIS ?
En ce qui concerne le scrutin des européennes du 7 Juin, leur résultat nous pose cependant plus d’interrogations que de vraies réponses. Quand 6 français sur 10 ont préféré rester chez eux plutôt que de dire leur choix, on peut s’interroger sur le panel de ces 6 français-là : qui sont-ils, quelle est leur sensibilité, que pensent-ils réellement des choix proposés, pourquoi ont-ils préféré ne pas choisir ? Quant aux 4 autres qui ont voté, on peut se poser la même question, qui sont-ils, quelle est leur sensibilité, qu’est-ce qui a motivé leur choix, surtout dans un débat qui n’a pas eu lieu ?
Ni vous, ni moi n’avons de réponse à ces questions. Ce qui oblige à beaucoup relativiser ces résultats sortis d’urnes tant désertées. Mais quand certains s’appuient sur de tels résultats pour claironner ici et là leur propre vérité, on sombre fatalement dans une sorte d’irrépressible ridicule. Un travers qui n’a spécialement rien de bien nouveau dans notre ciel politique....
Alors, même si nous restons sur des interrogations sans réponses, nous ne pouvons que nous pencher sur ce qui traduit quand même certaines tendances, même si très relatives et paradoxales, dans l’opinion des français.
Paradoxe ? Oui, j’en perçois plusieurs.
PARTI SOCIALISTE
Le P.S. ? Il parait soudain agonisant. Est-il un mort en sursis ? Quoique je n’appartienne nullement à ce parti, je ne le crois pas. Le P.S. est peut-être mort en tant que grand parti centralisé, il reste cependant un grand parti. Il y a un an, (c’était hier !) il avait gagné les élections municipales et cantonales. Le 7 Juin, il a pris une sévère raclée. Rien ne permet de penser que demain il ne puisse faire un bon score aux futures régionales. Le problème du P.S. c’est pourtant que personne n’incarne en son sein le vrai grand parti réformiste, démocrate (au sens américain du terme, comme Obama), qu’il devrait être, un peu comme hier Mitterrand l’avait fait.... en éliminant, il est vrai politiquement, un à un tous ses concurrents. Comme un Cohn-Bendit a su s’imposer chez les “Verts”, ou un Bayrou au "Mouvement Démocrate". Il y avait bien au P.S. un Strauss-Kahn : il a brûlé bêtement ses cartouches. Il y avait un Fabius : mais il a fait le pari stupide de devenir anti-européen. Aujourd’hui, quoique regorgeant de gens intelligents - il y en a autant à gauche qu’à droite ! - le P.S. recherche désespérément un leader, mais dans une guerre fratricide entre courants inconciliables.... En attendant, le P.S. reste inaudible.
COHN-BENDIT
Les écologistes ? Ils seraient les surprenants “vainqueurs” du 7 Juin. Mais ils n’ont pas, malgré les apparences, complètement gagné. Le vrai vainqueur n’est pas l’idéal écologiste mais Daniel Cohn-Bendit. Entre les 2% des voix de Mme Voynet lors du dernier scrutin européen et les 16,5% de Cohn-Bendit, il y a un tel écart qu’on peut douter. Y aurait-il eu une récente Pentecôte écologiste où des langues de feu seraient soudain descendues sur la tête des français et les auraient tous convertis à l’écologisme pur et dur ? C’est sombrer dans le ridicule que de l’imaginer. Et encore plus ridicule que d’en tirer les conclusions délirantes comme on en entend ici et là ces derniers jours.
Soyons sérieux ! Ce d’autant que la personnalité même de Cohn-Bendit est en contradiction avec les clivages habituels des “verts” : il a clairement choisi le camp du réformisme et de la démocratie (nous voici loins du fondamentalisme obtus des verts historiques). C’est un vrai libéral qui ne crache ni sur le marché, ni sur le capitalisme, même s’il se revendique pourtant “homme de gauche”. La victoire de Cohn-Bendit constitue donc un tournant significatif au sein de la gauche, même s’il incarne si peu nos “verts” français qui sont, idéologiquement, son contraire.
(Même si, enfin, à titre personnel, c’est un personnage très contestable pour certaines de ses prises de position sociétales qui sont parfaitement ignobles. Mais c’est là un autre débat....)
BESANCENOT
Besancenot ? Où donc est-il passé ? Devenu ces derniers mois la coqueluche des médias, avec la bénédiction tacite de l’Élysée, une sorte de chouchou chéri des bobos gauchistes, celui qui faisait trembler toute la gauche, voici notre facteur ramené brutalement dans la norme trotskiste : lui-même n’est pas parvenu à être élu. Une comète de plus dans le ciel politique, comme hier on a connu la comète Laguiller, puis celle Hulot, aujourd’hui celle Cohn-Bendit, voilà notre Besancenot rangé à sa vraie place, devenu une bulle médiatique, celle de ceux qui n’ont pas de solution à proposer dans la crise que nous traversons et ne se contentent que de lancer des slogans décrochés de toute réalité.
MÉLANCHON
Mélanchon ? Une nouvelle étoile de grand talent qui a su incarner un Parti Communiste en voie de totale disparition et qu’il a su dépouiller de son gauchisme désuet et son langage sorti du 19° siècle. Il incarne désormais un communisme non stalinien : il le fait d’autant plus facilement qu’il n’est pas lui-même communiste mais.... issu du P.S.. Un parcours original et plus qu’intéressant. Mais a-t-il pour autant un avenir ?
L'EUROPE
L’Europe ? Malgré les apparences, l’Europe a bien gagné cette élection. Seuls ceux qui l’ont incarnée sont ceux qui ont gagné : • Sarkozy, se reposant sur ses 6 mois d’une présidence flamboyante (et même si l'UMP n'avait pas un réel programme à proposer) • Cohn-Bendit qui en a fait son acte de foi et son engagement. Les anti-européens, eux, ont tous perdu : avec ou sans programme, ils sont disparus au tréfonds des résultats où on cherche en vain leur nom, là où ils étaient cependant bien présents il y a 5 ans.
BAYROU
Bayrou ? Est-ce que sa déroute électorale s’explique par le succès de Cohn-Bendit ? Certes la malheureuse altercation entre les 2 hommes sur un plateau de télévision a joué un rôle dans ce résultat. Mais faut-il l’accabler là-dessus ? D’abord parce que cela peut arriver à tout le monde de s’énerver quand on utilise à son égard des mots difficiles à entendre. Mais ensuite, parce que Bayrou, humainement, a bien réagi et a été capable aussitôt d’une belle autocritique, ce qui est très rare dans le monde politique. Il a su aussi présenter ses excuses aux sondeurs.
Par contre, son erreur a été de croire que la critique de Sarkozy, même si souvent bien fondée, ne peut constituer un projet ou une ambition politiques. Son dernier ouvrage, qui concentre surtout cette critique, a eu un succès de librairie tel qu’il a masqué que son mouvement politique avait bien un projet européen très élaboré. On a vu - ou plutôt ses adversaires ont voulu ne voir et ne faire savoir à l’encan - que cette critique systématique et ont occulté totalement le projet européen de son mouvement. Ses propositions européennes n’ont pas été perçues des français. Les médias n’ont parlé que de la critique de Sarkozy, pas du tout du reste. Cette tactique d’une non-information, voulue et dirigée “de là où on sait”, a réussi au delà de toute attente, faisant mentir tous les sondages sortis peu de jours avant le scrutin.
SA FRAGILITÉ....
La vraie fragilité de Bayrou est que, dans son parti, même avec plusieurs de dizaines de milliers de militants conquis à sa parole, Bayrou est un homme seul. Là où certains partis voient en leur sein des courants se battre pour faire accéder leurs leaders - trop (?) nombreux - au plus haut niveau de leur hiérarchie, Bayrou, lui, reste seul parmi les siens. Le Mouvement Démocrate, son ambition de créer une troisième force politique pour rompre le monotone binone complice PS-UMP, repose sur la seule personne de François Bayrou. Non que cela constitue un handicap dans la rédaction d’un projet à proposer aux français - loin de là, tant l’homme est brillant et d’une richesse de pensée rarissime - mais Bayrou est seul à pouvoir le porter. Un coup de fatigue, un emportement sur un plateau de télévision, et voici des milliers d’électeurs qui posent un autre regard sur l’homme, son projet, son mouvement. C’est d’une effrayante fragilité. Ainsi est la dure loi politique. Le Mouvement Démocrate de Bayrou devra se préoccuper de ce problème-là s’il ne veut disparaître avec l’homme qui le porte.
SARKOZY
Sarkozy ? Les moyens ne manquent pas au pouvoir en place pour le proclamer “le” grand vainqueur du scrutin du 7 Juin. Qu’on aime ou non l’homme vibrionant, qu’on sait fort habile, c’est une victoire personnelle incontestable. Ce ne sont pas les listes qu’il a présentées aux européennes qui l’ont assurée, ni sa médiocre campagne, ni son programme.... vide de tout réel contenu. Pas même les groupuscules associés qui se sont greffés sur son nom pour recueillir quelques miettes du partage des voix obtenues.
UNE VICTOIRE À LA PYRRHUS....
Par contre, cette victoire parait aux observateurs être plus que jamais une victoire “à la Pyrrhus”. Il ne faut pas masquer que le score de l’UMP laisse à ses côtés un immense vide : le réservoir de voix nécessaires pour gagner toute future élection est quasiment vide. Sarkozy n’a plus de majorité.... si l’on s’en tient aux résultats de ce scrutin tronqué.
L'OUVERTURE OBLIGÉE
Sarkozy n’a plus donc d’autre ressource que d’accentuer sa stratégie d’ouverture s’il veut enrichir un tant soit peu une majorité devenue fort restreinte. Les débauchages de personnalités issues d’autres courants politiques, y compris de courants dits “de l’opposition”, vont se multiplier. Même si ces débauchages ne sont précédés d’aucune négociation quant au programme à mettre en œuvre avec leur collaboration.
Les “grandes manœuvres” vont donc se poursuivre de plus belle pour nous livrer le spectacle de la mise en scène de la prochaine élection présidentielle de 2012. Telle est l’urgence qui va se dégager chez Sarkozy suite à ce scrutin tronqué du 7 Juin. La bataille va être rude.
22:05 Publié dans BILLETS 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : udf, mouvement démocrate, bayrou, politique, débats de société
mardi, 02 juin 2009
À PROPOS DES RAISONS D'UNE ABSTENTION
BILLET du 2 JUIN 2009
Hans Gert PÖTTERING....
Ce nom vous dit-il quelque chose ? Connaissez-vous cette personnalité ? À part cette photo que j’ai placée ici, l’aviez-vous déjà vu précédemment ?
Sans nous livrer à un nouveau jeu de devinettes, j’entends déjà votre question : “mais qui est-ce donc ?”
Je n’avais pas davantage la réponse il y a peu encore (merci Wikipédia) : Mr PÖTTERING est non seulement un membre du C.D.U. allemand, mais aussi un membre éminent du P.P.E. (Parti Populaire Européen). Mais il est surtout LE PRÉSIDENT en exercice depuis plusieurs années du Parlement Européen ! Rien que çà ! Ce même Parlement que nous sommes tous appelés à réélire ce prochain 7 Juin.
Voici donc une personnalité de premier plan, le Président de la seule instance démocratique des institutions européennes, que des centaines de millions d’européens vont réélire dans quelques jours, voici donc un personnage de proue que nul ne connaît, certainement pas plus d’un français sur plusieurs dizaines de milliers d’électeurs interrogés ! Et si l’on voulait questionner ces mêmes électeurs de façon plus proche pour les inviter à citer le nom de nos députés européens français, combien seraient-ils en capacité d’en citer le nom de deux ou trois ?
Je crois que nous touchons là du doigt le problème du désintérêt des citoyens face à une élection pourtant essentielle : parce qu’elle touche désormais notre quotidien. Car, on l’oublie trop souvent, nos propres lois nationales sont soumises aux règles édictées par les institutions européennes, elles-mêmes approuvées par ces mêmes députés européens, et ce pour plus de 80% de nos textes nationaux.
C’est là le drame de notre Europe : l’Europe n’existe pas aux yeux des citoyens car elle n’est pas du tout incarnée, elle n’a aucun visage.
De plus, nul n’en comprend le fonctionnement, nul ne sait quel pouvoir auront les quelques dizaines de députés français qui iront siéger à Strasbourg aux côtés des 785 autres députés venus de partout ailleurs.
UNE EUROPE DÉSINCARNÉE,
SANS VISAGE
Aussi longtemps que perdurera cette situation d’une Europe désincarnée et aux institutions floues, aussi longtemps nos élections européennes n’intéresseront personne. Ou presque. Et chacun, le soir de ces scrutins désertés, versera une larme et de s’interroger : “pourquoi un tel désamour ?”
L’Europe ne mérite pourtant pas cela.
Le manque d’incarnation de ce Parlement, traduisons ce manque de représentation de cette institution, est une faille totale. Comment inciter des citoyens à aller voter pour des inconnus - ou presque - dont nul ne connaît de surcroît le rôle exact ?
C’est un problème de fond. C’est le problème vraisemblablement le plus essentiel de l’Europe. Ce n’est donc pas un problème de choix de personnes, ou de courants politiques.
Si l’on veut en effet aller au plus profond du problème, on observe que, dans la longue et riche histoire de l’organisation politique des nations, il y en a eu essentiellement trois : • d’abord il y a eu les “tribus”, forme primitive où déjà on désignait un chef pour donner corps à un début d’organisation de la société • il y a eu ensuite les “empires” où un peuple en colonisait d’autres pour imposer sa propre forme d’organisation • il y a eu ensuite les “états nations”, forme de synthèse entre la tribu et l’empire, établis sur un territoire délimité, avec une identité particulière, d’où sont nés, notamment en France, des pratiques universelles, comme les Droits de l’Homme, la démocratie, etc.... C’est dans le cadre de ces États nations que s’est, finalement, le mieux incarnée une classe politique capable de concilier tant ces impératifs organisationnels que moraux.
Revenons donc à la construction de l’Europe....
L’Europe essaie aujourd’hui d’inventer une structure post-nationale qui n’est ni la tribu, ni l’empire, ni même l’État nation. L’Europe n’est donc pas un problème de choix de personnes mais bien un problème de philosophie politique.
On peut d’ailleurs observer que les électeurs ne s’intéressent réellement à l’Europe qu’au moment des référendums. Pourquoi ? Parce que, dans ce cas, les enjeux sont beaucoup plus clairs. Les gens se passionnent parce qu’ils ont souvent quelques comptes à régler avec le pouvoir national dominant et qui voudrait imposer sa propre conception des choses.
Je rencontrais récemment sur un marché un citoyen à qui je tendais un tract de campagne et qui me disait s’étonner qu’on vote encore pour l’Europe alors qu’on l’avait "rejetée" (sic) lors du référendum de 2005. Il paraissait étonné quand je lui ai répondu que les français ne se sont jamais prononcés alors pour ou contre l’Europe mais pour ou contre le gouvernement Raffarin/Chirac de l’époque, gouvernement à qui on voulait adresser ses reproches. Les “nonnistes” ont beau protester du contraire, c’est bien cela la vérité.
Où EST L'EUROPE DANS LES DÉBATS ?
Autre paradoxe : les français ne cessent de dire : “tout se décide à Bruxelles”. Pourquoi donc ne s’intéressent-ils donc pas, aujourd’hui, au travers de leur vote, pour décider qui demain y fera les choix qui les concerneront dans leur vie de tous les jours ?
Le vote du 7 Juin risque donc fort de s’apparenter davantage à un tour de chauffe des prochaines élections, notamment des présidentielles de 2012. Plus qu’à des élections européennes. On y observera, dans les commentaires de la soirée, que l’UMP, quoiqu’en tête avec ±26%, est en baisse et que ses réserves ne se réduisent plus qu’aux électeurs de Le Pen et de De Villiers. On remarquera que le P.S. essaie péniblement de s’accrocher à la barre psychologique des 20%. Encore le succès d’un Bayrou qui incarne une idéologie républicaine à la française, à la fois humaniste et laïque, mais aussi anti-libéralisme à l’américaine et opposé à un socialisme ancré dans les utopies d’un passé néo-stalinien. On soulignera encore le parcours des verts malgré la présence insolite dans leurs rangs d’un Bové et de ses contradictions inconciliables. Et aussi une extrême-gauche affaiblie par ses divisions. Voilà donc ce que l’on retiendra surtout le soir du 7 Juin. Mais, quant à l’Europe, elle, elle risque fort d’être la grande absente du débat qui s’en suivra.
Ce constat nous conduira, pourtant, vers un autre qu’on a, jusqu’ici, détourné pour ne pas y répondre et qu’on ne pourra cependant éluder indéfiniment : quelles institutions faut-il donner à l’Europe ? La situation actuelle est intenable. Après le rejet de la constitution Giscard, Lisbonne n’est qu’un pis-aller qui ne peut rien résoudre tant ses contorsions et ses compromissions l’ont vidé de toute substance.
BÂTIR L'EUROPE DES CITOYENS
L’Europe des citoyens, celle où chacun se reconnaîtra dans les élus envoyés à Strasbourg, est aujourd’hui à bâtir entièrement. Les temps difficiles que nous traversons soulignent cette urgente nécessité : donner vie et corps, donc un visage, à l’Europe, lui donner enfin une cohésion de ses politiques sociales, économiques, militaires et diplomatiques face au monde pour gagner en efficacité, pour y être connue, reconnue et ses légitimes intérêts respectés.
L’Europe des citoyens, c’est d’abord une ambition à faire partager aux autres nations. Ce sera ensuite une volonté commune à stigmatiser avec force et ténacité.
C’est un challenge qui mérite cet immense combat que nous avons à mener. Que nous DEVONS mener prioritairement. Et d’urgence.
02:15 Publié dans BILLETS 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : udf, mouvement démocrate, bayrou, politique, débats de société
mardi, 12 mai 2009
À PROPOS DU DÉCLIN DE L'UNIVERSITÉ
BILLET du 12 MAI 2009
Ce qui se passe actuellement dans certaines universités françaises (dont la prestigieuse Sorbonne) - à savoir que des milliers d’étudiants de toutes origines sont empêchés depuis plusieurs mois d’y suivre quelque cours que ce soit - est d’une gravité dont il semble que beaucoup sous-estiment les retombées. Et même si cela ne touche qu’une minorité de pôles - toujours les mêmes - cela éclabousse, hélas, l’ensemble de l’Université de la République.
NOUS NE SOMMES PAS SEULS AU MONDE
C’est que nous ne sommes pas seuls, dans le monde, à avoir une Université. Une Université, c’est d’abord et surtout un instrument de rayonnement de la culture d’un pays, du pays qui enseigne. Mais c’est aussi, en aval, un développement économique et social boosté, des futurs emplois promis, une influence et une place dans le monde reconnues. La liste des retombées ne s’arrête pas là.
Ceci entraîne donc une vaste compétition entre les différents pays en capacité d’enseigner. Et qui dit compétition, dit aussi classement entre les meilleurs. Toutes les Universités du monde sont donc désormais classées selon la qualité reconnue de leur enseignement : c’est le redoutable classement de Shanghai. “La” référence absolue s’il en est qui sert de couperet impitoyable pour qui prétend accéder aux carrières les plus enviables.
Eh bien ce classement est de plus en plus sévère pour l’Université française : celle-ci ne cesse de céder le pas d’année en année, et particulièrement en Europe. Les diplômes que l’Université française attribue à ses étudiants sont désormais très dévalués, et les portes les plus convoitées se ferment devant ses étudiants. Même pour ceux les plus méritants.
Alors, lorsqu’on entend aujourd’hui des étudiants grévistes vouloir nier cette réalité-là et entretenir l’illusion, quand on les voit parallèlement perpétuer une grève que plus grand chose ne justifie au regard des vrais enjeux, on a envie de crier à l’imposture.
UN SUICIDE COLLECTIF
Il n’y a aucun exemple dans le monde qu’une grève dans des universités dure ainsi des mois et des mois sans qu’aucun cours ne puisse y être dispensé. Il n’y aucun exemple dans le monde d’un tel suicide collectif.
Car c’est bien d’un suicide collectif qu’il s’agit : suicide pour le renom de notre Université, suicide social pour ces étudiants et/ou leur famille qui doivent supporter de lourdes charges sans que leur savoir puisse s’enrichir ni leur diplôme être assuré, suicide pour la valeur de ses diplômes, suicide pour les futures retombées économiques, suicide pour l’image même de notre pays. On atteint là un niveau d’inconscience d’une extrême gravité.
Il nous faut donc mettre en garde tant les professeurs que les étudiants contre ce “jusqu’au-boutisme” qui n’a plus de raison d’être. En effet les grévistes ont obtenu gain de cause sur l’essentiel de leurs préoccupations premières : les suppressions de postes, la réécriture du décret touchant le statut des professeurs et - partiellement, il est vrai - la mastérisation (formation des enseignants). Sans se prononcer sur le fond, ils ont obtenu 80 ou 90% de leurs revendications. Dans ce cas-là, il faut donc savoir terminer une grève. Et, aujourd'hui, il est urgent de la terminer.
DES MÉTHODES FASCISTES DICTATORIALES
Or, comme toujours, on a à faire essentiellement à environ 5% d’étudiants “jusqu’au-boutistes” qui parviennent à bloquer 95% d’autres étudiants qui, eux, veulent suivre leurs cours. Ces 5% là appartiennent surtout au courant NPA (Besancenot) ou encore au syndicat Sud, et avec l’appui de quelques altermondialistes égarés.
Mais il faut surtout dénoncer que ces 5% là utilisent à leur fin des méthodes fascistes - et dans la grande tradition du fascisme rouge des pires dictatures ! - avec l’emploi de la violence, du noyautage antidémocratique, des assemblées générales fictives. Ils utilisent des barres de fer, des chaînes, des cadenas, du mobilier pour bloquer les entrées. Ils dégradent aussi les locaux pour les rendre inutilisables, ils détruisent ou pillent le matériel éducatif : facile, ce n’est pas eux qui payent ! Et on va même maintenant - c’est nouveau ! - jusqu’à faire des agrandissements de photos d’étudiants qui leur sont sont hostiles pour les afficher et les exposer au lynchage “populaire” ! Quand je vous disais que ce sont des “fascistes”....
Et tout cela est appuyé, bien sur, par l’extrême-gauche et par quelques “intellectuels” gauchisants.
ON SERT LA SOUPE AUX GRANDES ÉCOLES
Il faut pourtant être réaliste quant aux conséquences : ces étudiants-là sont en train de “servir la soupe” aux “grandes écoles”, celles où on doit payer très cher les études, au détriment de l’Université de la République.
Résultat ? Les chefs d’entreprise - et même l’État ! - recherchent désormais et offrent des emplois principalement aux étudiants qui ont pu suivre un cursus d’études hors tous ces tumultes, c’est-à-dire ceux qui sortent de ces “grandes écoles”.
J’entendais récemment un membre éminent des commissions nationales de recrutement (des futurs professeurs, assistants ou divers conférenciers) : il expliquait que lorsqu’il recevait les dossiers de candidature, ceux qui émanaient d’étudiants issus de nos Universités étaient immédiatement écartés, et on ne gardait pour les examiner avec attention que ceux venant des “grandes écoles” (ah les normaliens de la Rue d’Ulm, ou ceux de St Cloud ! etc...).
MÊME DES EXAMENS "ALLÉGÉS" !
Face à ce blocage qui touche aussi, en conséquence, la tenue des examens d’évaluation, un grand quotidien national a organisé récemment un sondage près de ses lecteurs pour savoir s’il était préférable de reporter ces examens en Septembre (en espérant que d’ici là les étudiants pourraient suivre des cours “intensifs” de rattrapage, ce qui est et demeurera un leurre qui ne trompera personne quant à la qualité du travail subi dans de telles conditions), ou s’il fallait aménager des sessions d’examens “allégés” : résultat, plus de 26% des sondés se sont déclarés favorables à des examens “allégés”, c’est-à-dire basés sur la seule partie des cours qui ont pu être dispensés pendant les quelques rares mois où cela fut possible ! Français, ton Université f.... le camp ! !
Enfin, on a vu aussi des étudiants grévistes s’en prendre à des présidents d’université qu’ils considéraient comme étant trop dociles face au “pouvoir”. Or ces mêmes étudiants réclamaient parallèlement la fin de l’autonomie des universités pour remettre celles-ci sous la tutelle.... de l’État ! C’est grave de contradictions : ils sont devenus fous !
Faut-il, pour finir cet exposé, évoquer le cas de ces nombreux étudiants “étrangers” - issus pour la plupart de pays du tiers-monde - venus en France pour se former et ce, souvent, au prix de sacrifices inouïs. Pour ceux qui ont été bloqués dans leurs études (et de quelle façon !), quelle image de la France véhiculeront-ils à leur retour chez eux ?
Le résultat est impitoyable pour nos universités : 28% des étudiants étrangers vont désormais faire leurs études aux USA, 15% en Grande-Bretagne, 12% en Allemagne et seulement 9% en France, dont pratiquement très peu d'européens. À l’heure où l’on évoque la construction de l’Europe, c’est peu glorieux pour la France.
DES REVENDICATIONS CORPORATISTES
Ce qui est profondément déplorable dans ce mouvement, ce ne sont pas seulement les grèves elles-mêmes, mais surtout ses objectifs : les revendications sont essentiellement corporatistes. De la part d’un mouvement qui prétend vouloir être “révolutionnaire”, où est la logique ? Rien en faveur du savoir, rien pour l’université elle-même et son avenir, rien pour la recherche, rien pour le progrès, etc.... Cela ne les intéresse apparemment pas.
Ces 5% sont simplement contre le gouvernement de droite actuel...., comme hier ils étaient contre les gouvernements de gauche. Rien n’a changé depuis : ils sont contre tous les gouvernements !
Et pourtant la place et le rôle de l’Université, c’est autrement plus important que la politique politicienne. Ces gens-là n’ont rien compris.
16:25 Publié dans BILLETS 2009 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : udf, mouvement démocrate, bayrou, politique, débats de société
mercredi, 06 mai 2009
À PROPOS D'ALLIANCES
BILLET du 6 MAI 2009
François Bayrou va-t-il se retrouver au cœur du jeu politique ? Est-ce que la tentation centriste s’empare à nouveau des socialistes après les appels du pied de François Hollande ? (voir numéro spécial de L’Express).
En fait, je crois que cette tentation n’a jamais complètement quitté les esprits de ceux qui, au Parti Socialiste, songent à la présidentielle.
LA GAUCHE EST MINORITAIRE EN FRANCE
Il y a deux données que nul ne peut ignorer :
- la première est que la droite est actuellement unie autour de Nicolas Sarkozy. Les concurrents internes au parti sarkozyen ont pratiquement été tous engloutis. La gauche, par contre, est divisée comme elle ne l’a jamais été depuis fort longtemps. Même l’extrême-gauche a éclaté en 4 ou 5 courants. Ce fait est fondamental pour envisager toutes les élections à venir.
- l’autre donnée est, elle, très ancienne : structurellement et depuis très longtemps (déjà Mitterrand le soulignait en son temps), la gauche est minoritaire en France. Ce qui ne veut pas dire pour autant que la droite est toujours majoritaire : car il y a toujours la présence d’un centre charnière entre les deux camps. Et il a d’ailleurs fallu le poids personnel d’un Mitterrand pour inverser exceptionnellement cette réalité-là pendant seulement quelques années. Depuis....
Devant ces deux données fondamentales, tous ceux, à droite comme à gauche, qui pensent aux futures élections, pensent aussitôt aux alliances possibles et nécessaires pour l’emporter. Or ces alliances ne sont pas si nombreuses que çà.
L’extrême-gauche, on sait qu’elle ne veut pas collaborer : mais on peut seulement considérer que son électorat, dans un second tour où figurerait un candidat de gauche, sera beaucoup plus unitaire qu’elle-même et portera ses voix majoritairement sur celui-ci. Un facteur bien ténu cependant.
Il reste donc le centre. Et là, il faut admettre que François Bayrou occupe pleinement le terrain avec un parti derrière lui qui a sa dynamique propre en terme d’adhérents, même s’il n’a actuellement que peu d’élus. Il est omniprésent sur la scène politique malgré tous les efforts désespérés de l’Élysée pour étouffer sa voix.
François Hollande découvre donc aujourd’hui ce qu’il reprochait hier à son ancienne compagne : il replace indirectement, par son appel, le débat sur le fond.
Où SE SITUE LE P.S. ?
Où se situe aujourd’hui le P.S. ? Est-il sur une ligne résolument de gauche avec ce qui reste de son traditionnel allié communiste et le risque permanent de courir derrière la surenchère Besancenot ? Ou est-il sur une ligne ouverte au centre, débarrassée des vieux oripeaux idéologiques ?
Cette dernière posture, assimilée par beaucoup de militants socialistes à une compromission avec “l’ennemi héréditaire”, est évidemment la moins populaire. Rejet qui tient aussi à la personnalité même de François Bayrou dont nul n’ignore l’ambition.
Mais, parallèlement, un constat commence à être partagé par quelques-uns au P.S. (dont François Hollande) ; "l’antisarkozysme forcené" actuel du P.S. a un double effet pervers : il traduit d’abord l’absence d’idées fortes et neuves au sein du P.S. ; ensuite, et comme le soulignait Manuel Valls, cet antisarkozysme primaire “affaiblit la crédibilité de la gauche en l’obligeant à l’outrance : elle devient celle qui craint tout”.
Donc le P.S. se meurt, asphyxié d’un côté par l’hyperactivité de Sarkozy, handicapé d’un autre par la popularité de Besancenot, mais aussi gêné par la présence d’un François Bayrou. Et, enfin aussi, par le trop-plein de présidentiables qui, tous, n’ont pas l’étoffe d’un chef incontestable. C’est là tout le problème actuel du P.S..
À cet appel du pied de Hollande, on peut observer que Bayrou, en fin politique qu’il est, n’y a répondu que très froidement : il n’est pas là pour voler au secours d’un P.S. agonisant.
LES PRÉSIDENTIABLES
Si la gauche est donc divisée, non seulement au sein de la gauche démocratique - qui empêchera une Ségolène Royal de se présenter aux présidentielles avec, ou même sans, l'investiture officielle du P.S. ? - mais aussi au sein de l’extrême-gauche, il devient évident que François Bayrou, au second tour, a les plus grandes chances de l’emporter face à un Sarkozy se représentant face aux suffrages des français.
François Bayrou, hors son intelligence et sa grande capacité tactique, a, au moins, trois atouts pour lui : • c’est le meilleur et le plus dur opposant à Sarkozy • c’est un opposant “de l’intérieur” qui a siégé longuement aux côtés de Sarkozy dans des responsabilités ministérielles • Bayrou est, enfin, le meilleur candidat de second tour pour battre Sarkozy.
Il faut par ailleurs constater qu’en France il y a peu de présidentiables crédibles. Outre Sarkozy qui occupe déjà la fonction, il y a la “star” médiatique Royal et..... Peut-être Strauss-Kahn (s’il sait se débarrasser de quelques casseroles qui traînent derrière lui) ? Et il y a enfin.... Bayrou. Aubry n’a pas la stature, Hollande, pas davantage.
Donc, face à ce constat, nous retombons inévitablement dans le problème des alliances. L’hypothèse centriste est incontournable : l’hypothèse d’un Bayrou élu Président de la République n’a rien d’absurde.
Ce qui ne veut pas dire que sa candidature n’est pas fragile pour autant. Historiquement, les candidats du “centre (droit ou gauche)" ont, jusqu’ici, toujours été battus par des candidats situés plus à droite : Poher, présenté comme vainqueur, a finalement été battu par Pompidou, Chaban-Delmas par un Giscard situé plus à droite, Barre par Chirac, Balladur, pareil. Ceci veut dire que le candidat du “centre” n’est pas choisi prioritairement par la droite qui préfère finalement un candidat à elle.
BAYROU EST-IL DE GAUCHE ?
L’élément nouveau apporté par Bayrou est qu’il est, ou donne l’impression qu’il est, en train de changer de camp. Car, longtemps, il a été aggloméré à la droite. Sa critique soutenue aujourd’hui contre la nouvelle société prônée et soutenue par Sarkozy donne le sentiment qu’il est maintenant de gauche. Ce conflit de deux conceptions de la société est-il suffisant pour le considérer être de gauche ? J’en doute fort.
Bayrou a-t-il un programme écrit qui permettrait de trancher cette question ? Non. Car Bayrou a toujours affirmé qu’il se moquait éperdument des programmes. Pour ma part, je considère qu’il a raison.
LA POLITIQUE EST
QUESTION DE POSITIONNEMENT
La politique n’est pas une question de programme. Pas davantage une question d’homme. C’est une question de positionnement.
L’habileté de Bayrou - et il démontre combien il est fin stratège - est de dire qu’il y a aujourd’hui en France une droite qui "s’américanise" (discrimination positive, notarisme, “bling-bling”, culte de l’argent, Otan, etc....). Sarkozy l’y aide beaucoup en cela : Sarkozy, c’est les U.S.A., ce n’est plus la France. Et quant au socialisme français ? Il peine, lui, à se débarrasser des vestiges de l’Union Soviétique : ils en sont sortis pour aller nulle part. C’est le triomphe de l’archaïsme. Et, face à cette droite américanisante d’une part, face à cette gauche aux scories soviétiques d’autre part, Bayrou se situe, lui, comme un français républicain pur jus, défendant les valeurs républicaines, notamment celles de solidarité. "Liberté, Égalité, Fraternité"
LA "VRAIE FRANCE"
La vraie France - dixit Bayrou - ce n’est pas Sarkozy. “Moi, Bayrou”, je suis républicain, je suis anti-discrimination positive, je suis anti-commutariste, je suis chrétien mais ultra-attaché aux valeurs laïques, etc...."
Il faut remarquer d’ailleurs que le Président du "Mouvement Démocrate" est, et a toujours été, plus républicain que démocrate. Ce n’est pas là le moindre paradoxe du personnage Bayrou.
Bayrou se positionne donc comme un républicain français, face a un libéral américain (Sarkozy) et face enfin à un socialisme teinté de soviétisme à la Aubry.
Ce positionnement-là, avec les nations qui sont derrière, avec les modèles politiques qui sont derrière, c’est évidemment très puissant. C’est là que réside la vraie force politique de Bayrou.
Le seul problème ? Est-ce que Bayrou sera suivi dans ce positionnement franco-républicain par un électorat suffisant, notamment par celui d’un centre traditionnellement atlantiste, libéral et plus démocrate que républicain ?
Seul l’avenir nous le dira.
P.S. : Quand j’ai rédigé ce billet, je n’avais pas encore lu le dernier ouvrage de François Bayrou “Abus de pouvoir”. C’est fait depuis.
Il est rare que l’on puisse parcourir un ouvrage avec tant de plaisir. Des mots toujours choisis avec soin, des moments de tendresse succédant à d’autres de réel emportement. Un livre dans la grande tradition d’un Démostène, d’un Rabelais, d’un Voltaire, d’un Chateaubriand, d’un Hugo, ou encore d’un Bloy ou d’un Péguy. Je peste fermement contre ceux qui veulent présenter cet ouvrage comme un simple pamphlet anti-n’importe quoi. C'est un grand ouvrage dans la tradition de la littérature française quand elle s'engage pour des idées dignes d'être défendues.
18:35 Publié dans BILLETS 2009 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : udf, bayrou, politique, mouvement démocrate, débats de société
samedi, 04 avril 2009
À PROPOS de la FRANCE et l'OTAN
BILLET du 4 AVRIL 2009
En ce 4 Avril, l’OTAN célèbre son 60° anniversaire. Et la France solennise, à cette occasion, sa réintégration pleine et entière dans cet organisme créé à Washington en 1949.
Deux événements bien distincts l’un de l’autre mais qui interpellent tous deux aussitôt.
RALLIEMENT ? OU REVIREMENT
La France désormais, de nouveau, dans l’OTAN, après la décision de De Gaulle, en 1969, d’en sortir aussi bruyamment, est-ce là un ralliement ? Un revirement ? Ou la fin d’une hypocrisie ?
Si l’on reprend le discours officiel, l’on entend que ce serait plutôt la fin d’une hypocrisie qui n’aurait que trop duré.
Si on veut regarder les choses honnêtement, il est vrai qu’on a déjà rejoint de fait cette organisation depuis plusieurs années : la France a participé à trois opérations militaires sous les couleurs (bleues) de l’OTAN - Bosnie, Kosovo et Afghanistan - et elle est militairement l’un de ses plus gros contributeurs.
L’argument défendu par Mr Sarkozy qui consiste à dire que “puisqu’on est dedans” il vaut mieux pouvoir participer, aussi, aux instances décisionnelles et ne plus être que de simples sous-fifres exécutants. Cet argument semble être de poids et relever de la simple logique.
Peut-on, pour autant, nous contenter de cela ?
FIN DE L'EUROPE DE LA DÉFENSE ?
Il y a moins d’un an, souvenons-nous en, le gouvernement de Mr Sarkozy promettait que le retour de la France dans l’OTAN ne se ferait “qu’après de nets progrès” dans la mise sur pied d’une “Europe de la défense”. Que s’est-il donc passé depuis qui puisse justifier pareil revirement ?
Il est vrai qu’une Europe de la défense nécessitait préalablement une adhésion pleine et entière de la majeure partie des états européens. Or on sait la réticence de nombre d’états, notamment et surtout ceux de l’Est - qui viennent de rejoindre l’Europe depuis la chute du mur de Berlin - pour qui une “Europe de la défense” pouvait évoquer une “Europe puissance” teintée d’un certain anti-américanisme. Et çà, ils n’en veulent à aucun prix.
C’est là l’une des difficultés - et pas l’une des moindres - de la construction européenne.
L’Histoire de l’après-guerre a marqué les peuples : la division, malicieusement imposée par l’URSS et son édification pendant des décennies d’une muraille quasi infranchissable, a laissé de profondes séquelles. Nous en payons encore le prix. Même si ces peuples frères, longtemps séparés, ont voulu, depuis, intégrer une Europe à laquelle ils appartenaient et qu’ils appelaient de tous leurs vœux. Mais cette Europe à laquelle ils aspiraient - et aspirent encore - n’est pas la même que celle nous avions imaginée de ce côté-ci de la muraille pendant que nous en bâtissions patiemment le socle.
Fin donc d’une illusion ? Ou simple résignation ?
La défense de l’Europe à laquelle nous rêvions donc, ne passera pas - hélas, hélas, hélas - par cette Europe de la défense que nous imaginions hier.
L’Europe semble se résigner, désormais, qu’à mener des missions de sous-traitance.
L'IMAGE DE LA FRANCE DANS LE MONDE
Que devient, dans un tel revirement, l’image de la France, surtout dans les pays du Tiers-Monde quand ceux-ci voient aujourd’hui notre pays devenir un pays “intégré” comme un autre ; alors qu’hier elle proclamait encore, haut et fort, sa totale indépendance, même vis-à-vis des plus puissants, suscitant pour cela respect et admiration ?
Absence de volonté politique ? Ou simple pragmatisme ?
On peut aujourd’hui se poser la question : “Qu’est-ce que l’OTAN en 2009 ? Qu’est-elle devenue depuis sa fondation ?”.
L'OTAN EN 2009 ? FACE À QUEL ENNEMI ?
En 1949, l’OTAN était, essentiellement, un instrument de défense de l’occident (“atlantique-nord”) face à l’impérialisme communiste russe et ses velléités expansionnistes. La “guerre froide” battait alors son plein.
Aujourd’hui, où est le danger ? Non pas que tout danger ait disparu - tout au contraire - mais il a complètement changé de nature : l’URSS s’est effondrée avec tout son système dictatorial, et ses satellites qui lui servaient de remparts se sont émancipés.
L’ennemi, aujourd’hui, n’est plus apparent, cerné comme jadis par un territoire ou une frontière bien tracée. L’ennemi n’est plus d’ordre militaire. (À moins que l’Iran se dote un jour de l’arme nucléaire, ce qui n’est pas exclu. Mais l’Iran çà ne relève pas du tout de la compétence territoriale de l’OTAN, du moins sous sa forme et sa conception actuelles).
L’OTAN, donc, qui a été longtemps un instrument de défense de l’Occident “atlantique-nord”, n’a plus d’adversaire, donc plus de stratégie.
Or, l’ennemi est plus insidieux que jamais : le nouvel ennemi est le fondamentalisme religieux qui infiltre son poison partout, jusque dans nos cités. L’ennemi est devenu un ennemi tant intérieur qu’extérieur. Nous voici éloignés du danger de 1949.
Face à cette évolution, l’OTAN est donc devenue, plus que jamais, le bras armé de la diplomatie américaine. D’où ces aventures armées dans des pays qui n’ont plus rien à voir avec l’atlantisme originel.
Évidemment, l’élection de Mr O’bama - qui remplace fort heureusement le calamiteux G.W. Bush - change quelque peu la donne de la diplomatie américaine. Mais tout Président américain n’est élu que pour 4 ans. Et 4 ans, c’est vite passé. Qui et que sera demain le (ou les) futur(s) Président(s) américain(s) ? Nul ne le sait : l’opinion reste très versatile et un retournement n’est jamais exclu. C’est le sort naturel de toute démocratie. Mais notre engagement demeurera....
Le problème actuel de l’OTAN n’est donc plus militaire mais politique et diplomatique.
COMMENT MENER
UNE POLITIQUE INDÉPENDANTE ?
La France est-elle encore, aujourd’hui, capable de mener une politique indépendante de ses alliés et qui a fait jusqu’ici sa grandeur et son estime ? Elle a conservé, certes, son indépendance sur l’arme nucléaire : mais à quoi sert aujourd’hui une arme nucléaire ?
Le problème posé par De Gaulle reste donc toujours d’actualité, quoiqu’on en dise.
Le danger de la guerre froide est derrière nous. Mais des dangers nouveaux sont apparus et sont beaucoup plus nombreux qu’hier ; et plus destructeurs de civilisations.
Le grand défi qui se pose désormais à la France “intégrée” est de pouvoir élaborer, et faire adopter par ses “alliés”, un nouveau concept stratégique. Grande ambition qui ne manquera pas de se heurter aussi à d’autres ambitions.
Ma conviction est que nous ne parviendrons à construire ce nouvel OTAN, à lui donner un nouveau souffle à la hauteur des nouveaux défis, une nouvelle ambition politique, que si nous savons créer un axe fort européen, axe reposant essentiellement sur des alliés surs et qui partagent une même ambition.
D’où l’importance que je continue d’accorder à un axe fort franco-allemand. Une priorité urgente. Il est des alliances qu’il faut savoir préserver. Au-delà des sautes d’humeur du moment.
18:34 Publié dans BILLETS 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : udf, mouvement démocrate, bayrou, politique, débats de société
dimanche, 22 février 2009
À PROPOS DE L'ÉVOLUTION DE L'OPINION
BILLET du 22 FÉVRIER 2009
Beaucoup d’eau va encore couler d’ici 2012, année de la prochaine élection présidentielle. Rien de ce qui peut être dit aujourd’hui ne peut être vérité d’un lendemain encore si lointain.
Et, pourtant, des chiffres tombent qui forcent à réfléchir sur les évolutions de l’opinion vues à travers des sondages successifs.
L’approche des élections européennes les fait abondamment fleurir. Et, aussitôt, les imaginations s’enflamment. Il est vrai aussi que nous vivons dans une période où toutes les certitudes sont ébranlées comme elles ne l’ont jamais été depuis plusieurs décennies. L’avenir est sombre et incertain pour beaucoup, y compris pour nos nations elles-mêmes. Les déclarations des uns ou des autres se succèdent, tous voulant donner un point de vue dont on peut s’interroger sur leur réelle pertinence, quand on ne les soupçonne pas de bâtir surtout leurs propres stratégies politiques en une période où les inquiétudes aiguillonnent les attentions.
DES CHIFFRES QUI SURPRENNENT
Que nous révèlent donc aujourd’hui ces premiers chiffres ?
On observe que, malgré cette crise, l’actuel parti au pouvoir - l’UMP - reste en tête avec 26% d’intentions de vote, sans égaler pour autant le niveau électoral de Mr Sarkozy aux présidentielles qui avait recueilli, lui, plus de 31% des voix. Par contre, le P.S., pourtant rendu aphone par ses luttes internes, s’approche, avec 23%, du score de Mme Royal. Quant à Mr Le Pen, il semble “scotché” avec 6% d’intentions de vote, ce qui confirme la quasi disparition de ce parti qui, il y a 7 ans seulement, était parvenu à se hisser au second tour.
Mais on relève surtout d’autres phénomènes troublants. L’extrême-gauche (LO + PC + Parti de Gauche + le NPA de Besancenot) atteint un niveau total de 16% d’intentions de vote, alors que précédemment, en 2007, elle ne dépassait pas au total les 9%. Et Besancenot - “le facteur préféré des français” - fait, à lui seul le score de 9% d’intentions de vote. Enfin, encore, François Bayrou, le Président du “parti sans députés”
Les états majors commencent donc sérieusement à s’agiter face à cet ordre nouveau qui bouleverse leurs pronostics.
Reprenons donc le cas de ces deux “intrus” du paysage politique : Besancenot et Bayrou. (ou presque) voit sa côte bondir à 14,5%, là où elle était encore il y a peu de semaines à 12% et seulement à 11,9% en 2004. Il est même observé que Bayrou fait maintenant jeu égal avec le P.S. et l’UMP auprès des cadres supérieurs et des professions libérales.
LE CAS BESANCENOT : ATYPIQUE
J’entendais récemment un commentateur politique s’interroger : Besancenot est-il le nouveau “Le Pen” de gauche ?
Force est de constater que Besancenot est aujourd’hui en capacité de diviser la gauche, tout comme Le Pen, en ses années de “gloire”, est parvenu à diviser la droite. Pour autant va-t-il avantager la droite en affaiblissant la gauche ? Rien n’est moins sur. On reviendra sur ce sujet plus loin.
Mais Besancenot reste quand même un phénomène atypique. Si l’on écoute son discours, tout comme jadis celui de Le Pen, on reste désarmé. Besancenot base en effet son discours - au passage brillamment structuré - sur un certain nombre de constats parfaitement justes. Comme le capitalisme est actuellement en crise, il a un “boulevard” pour citer des centaines d’exemples qui ne peuvent que “faire mouche”. Quand il dénonce par exemple que les banques suisses (UPS) viennent de recevoir 6 milliards d’argent public et en ont aussitôt distribué 2 en bonus, qui ne serait pas choqué ? Quand il dit encore que les écarts de revenus sont de 1 à 400, qui non plus ne serait pas choqué ? Puis, après ces innombrables constats criants, Besancenot - tout comme jadis Le Pen - s’évade dans un discours qui n’a plus aucun rapport avec la réalité. Et il le fait d’autant aisément qu’il sait très bien qu’il n’exercera jamais le pouvoir. Et il ne s’en cache même pas. Et tout ceci étant dit avec un talent oratoire exceptionnel, un visage rond et sympathique. Pourtant ces ingrédients, même séduisants, sont la structure même d’un délire assumé. Pour ceux qui ont connu la période soixante-huitarde, nous connaissons par cœur ces discours autogestionnaires, l’idée qu’on doit nationaliser les banques, qu’on va créer des conseils avec des délégués investis de mandats impératifs et révocables par le peuple, qu’on doit interdire tout licenciement, etc.... Ce sont les mêmes fadaises d’antan qu’on nous ressasse.
Même en supposant que les propositions de Besancenot “tiennent la route”, si seule la France les met en place, elle est immédiatement “coulée” par le contexte international. Qui peut imaginer qu’un pays peut, seul, s’affranchir des lois de la concurrence ? Je ne crois pas, quant à moi, que les français soient prêts à entrer dans ce rêve délirant et leur réflexe de bon sens les en éloignera devant les urnes.
Il est d’ailleurs curieux d’observer que le principal promoteur de Besancenot...., c’est la droite française elle-même au travers de ses médias. Elle l’agite comme un épouvantail en imaginant que cela servira peut-être ses propres intérêts. Je crains fort qu’elle ne fasse là une profonde erreur de stratégie. Comme jadis Mitterrand utilisant Le Pen.
La question qu’on peut donc maintenant se poser est celle-ci : “Quel est le meilleur opposant face à Mr Sarkozy ?” On peut s’attendre à entendre citer le nom de Besancenot. Par contre si on pose la question : “Qui, à gauche, est capable de mettre en place une politique alternative à celle de Mr Sarkozy ?”, il est vraisemblable qu’ici ce n’est pas le nom de Besancenot qui serait cité. Ce qui démontre que les attentes à l’égard de Besancenot sont très différentes de celles d’un Bayrou, d’une Aubry ou encore d’une Royal.
Qu’en est-il donc de l’opposition malgré le lutin Besancenot ?
UNE DROITE RÉUNIE
Force est de reconnaître que Mr Sarkozy a réussi à unifier la droite comme jamais elle ne le fut depuis des lustres. On ne parle plus - ou presque - de Le Pen, de Pasqua, de gaullistes, de villiéristes, ou autres ex-barons. Bayrou n’étant plus considéré comme faisant partie de la "famille", il y a désormais à droite ou Sarkozy ou rien. C’est là sa vraie victoire.
Face à Sarkozy, nous avons donc une opposition qui comporte désormais 3 forces.... inconciliables : il y a en tête le P.S., puis ensuite Bayrou et, enfin, Besancenot (qui devance déjà les verts et autre PC). Pour le P.S., cette confrontation le met dans une situation quasi impossible : comment être en mesure de proposer une alternative réaliste à la politique de Mr Sarkozy qui réponde aussi à l’attente des 2 autres courants qui l’encadrent ?
LE TRIOMPHE DE BAYROU ?
Le résultat ? Quoiqu’on dise, la droite se trompe totalement en croyant que Besancenot va arranger ses affaires. Il n’en est rien. Celui qui risque fort de “ramasser la mise” n’est autre que François Bayrou ! Si, en effet, vous avez un P.S. divisé avec son trop-plein de leaders potentiels - Aubry, Royal, Hollande, Fabius, etc.... -, si, en plus, vous avez un Besancenot assez puissant, le risque est fort que ce soit François Bayrou qui, finalement, soit présent au second tour face au candidat de l’UMP (Sarkozy ou autre successeur désigné par le parti dominant). Et, là, Bayrou peut gagner son fauteuil à l’Élysée. Cette hypothèse-là commence à trottiner sérieusement dans les esprits des observateurs politiques. C’est bien là aussi que réside toute la stratégie de Bayrou.
Voilà qui va bouleverser toutes les stratégies actuellement en place et les pronostics les mieux établis.
Il serait étonnant que Mr Sarkozy n’en ait pas conscience. D’où son acharnement et les petites phrases de dénigrement.
Et çà, ce n’est plus du délire ! Même si c’est seulement pour 2012.
21:47 Publié dans BILLETS 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : udf, mouvement démocrate, politique, bayrou, débats de société
dimanche, 01 février 2009
À PROPOS DU NÉGATIONISME
BILLET du 1er FÉVRIER 2009
Une,tempête s’est levée au sein de l’Église catholique, sitôt connue la décision de Benoît XVI de réintégrer en son sein quatre évêques intégristes jadis excommuniés par Jean-Paul II. C’est tout le concile Vatican II qui est aujourd'hui mis à mal.
Mais, au-delà de ce virage idéologique, il y a le cas de la réintégration de cet “évêque” britannique - Richard Williamson - qui affirme, dans une odeur de scandale qu’il semble affectioner, qu’aucun juif n’a jamais été tué dans une chambre à gaz. Et il rajoute même que le 11 Septembre 2001 (attentat à New-York contre les deux tours du World Trade Center) est le "plus grand mensonge du siècle”.
EST-IL DEVENU NÉGATIONISTE ?
Quand on entend cela et que l’on apprend que Benoît XVI a réintégré cette sorte d’individu prétendu évêque, on peut se demander si Benoît XVI est soudain devenu ou intégriste ou négationiste lui-même.
Je suis persuadé, quant à moi, qu’il n’en est rien. Même si cette décision sera vraisemblablement l’une des plus grandes erreurs de son pontificat, il montre par là qu’il n’est pas du tout un politique avisé : il met l’unité de l’Église au-dessus de tout, ce qu’on peut comprendre du point de vue d’un pape. Mais çà le conduit à commettre de graves erreurs.
La première de ses erreurs a été le discours de Ratisbonne qui a mis le monde musulman à feu et à sang, ce qui n’était pas très heureux en soi, même si, sur le fond, l’éminent théologien qu’on sait avait sa part de vérité dans ce discours. (voir mon billet "À propos du rationalisme" du 24/09/2006).
Mais ici, pour cette nouvelle erreur, on ne peut pas dire que Benoît XVI ne savait rien à propos de ces évêques intégristes : on savait parfaitement à qui on avait à faire, et il n’y a pas que l’évêque Williamson dont on savait qu’il n’était qu’un grand “barjot” délirant, négationiste antisémite, bien connu dans les milieux néo-nazis. Il suffisait aussi de passer devant ce qui fut l’église St Nicolas du Chardonnet à Paris, à la grande époque de la révolte de Mr Lefebvre, pour voir ce que ses fidèles diffusaient devant l’église : on n’avait à faire qu’à des gens qui étaient plus à droite encore que Le Pen lui-même, de véritables nazillons, des révisionnistes, ou encore de parfaits négationistes.
03:48 Publié dans BILLETS 2009 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : udf, mouvement démocrate, politique, bayrou, débats de société
mercredi, 21 janvier 2009
À PROPOS DE LA PRISE DE POUVOIR D'OBAMA
BILLET du 21 JANVIER 2009
Ce mardi 20 Janvier 2009 n’est pas un jour ordinaire. Non pas du tout parce qu’au terme d’un mandat de 8 ans G.W. Bush a laissé - enfin ! - la place à Barack Obama, après plus de deux mois d’une interminable attente. C’est tout autre chose. Il s’agit bien d’une révolution : un homme de couleur a pris les rênes de la plus grande démocratie du monde, à la place d’un président qui a incarné tout ce que la vieille amérique corsetée portait d’étroite désuétude.
UNE IMMENSE ATTENTE
Le monde a, ce jour, changé. Notre regard sur ce continent ne sera plus jamais le même. Mais, phénomène inhabituel, le monde entier attend d‘Obama autant - sinon plus encore - que les américains eux-mêmes attendent de leur nouveau Président.
Que peut-il donc se passer désormais ?
Face au bilan de G.W. Bush qui laisse, après 8 années de pouvoir, les U.S.A. dans un état de délabrement inégalé, Obama ne peut qu’apporter du neuf. Du moins peut-on l’espérer, car le pire serait fort difficile à atteindre. Pendant ces 8 années, les U.S.A. ont perdu du terrain dans tous les domaines, que ce soit sur le plan militaire, sur le plan économique, ou encore sur celui moral. Rarement ils ont autant reculé.
Entr’autres raisons, cette désastreuse aventure irakienne, décidée sur un coup de tête basé sur le mensonge, sans aucun fondement réel, qui a eu pour résultat principal de donner le pouvoir à des chiites et à l’Iran sur des millions d’êtres humains. Donc de porter un coup fatal à toute idée de démocratie, pour confier ce pouvoir à des féodaux resurgis de la plus profonde antiquité.
Pourtant, ces derniers mois, G.W. Bush a, sur le plan économique, fait un important virage : il a abandonné l’ultra-libéralisme dont il était jusqu’ici le chantre inconditionnel. Certes sous le poids de la conjoncture internationale qui ne lui laissait d’ailleurs plus grand choix. Il est soudain devenu l’acteur obligé d’un timide interventionnisme, sans obtenir d’ailleurs de grands résultats.
01:55 Publié dans BILLETS 2009 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : udf, mouvement démocrate, politique, bayrou, débats de société
mardi, 13 janvier 2009
À PROPOS DU JUGE D'INSTRUCTION
BILLET du 13 JANVIER 2009
Nous voilà donc lancés dans une nouvelle bataille présidentielle, une de celles comme les affectionne tant Nicolas Sarkozy : celle de la suppression des juges d’instruction. Tout le monde s’en mêle, magistrats, avocats, juristes, politiques, etc.... : un beau tollé !
Il est vrai que Mr Sarkozy venait de subir deux échecs successifs : d’abord le retrait de la réforme Darcos, ensuite le report “sine die” de la loi sur le travail du dimanche. Et, en bon stratège qu’il est, Mr Sarkozy décide de ne pas en rester là et lance aussitôt un nouveau projet de réforme, comme pour effacer l’effet des échecs précédents : voilà donc soudain sur la sellette le cas de nos actuels juges d’instruction “à la française”.
QUEL PROJET ?
S’il est un reproche qu’on peut faire à Mr Sarkozy, c’est de lancer comme çà soudain en pâture un projet sans qu’il ait été préalablement soigneusement élaboré et expliqué. Et, finalement, on n’en connaît ni les tenants ni les aboutissants, ni rien de son contenu précis. Comment l’opinion, devant ce vide total, pourrait-elle ne pas être inquiète et s’enflammer ?
Pourtant, l’idée de remplacer le juge d’instruction par autre chose n’est pas mauvaise en soi. Mais, à défaut de texte précis, quand on voit s’avancer la menace de l’omnipotence, en matière de poursuites, du procureur, c’est-à-dire du “pouvoir” politique - puisque celui-ci en dépend intimement - on peut être légitimement inquiet : où allons-nous ?
17:10 Publié dans BILLETS 2009 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : udf, mouvement démocrate, politique, bayrou, débats de société
lundi, 12 janvier 2009
À PROPOS D'ISRAËL ET LE HAMAS
BILLET du 12 JANVIER 2009
800. Ils sont déjà plus de 800 ceux, hommes, femmes, enfants, vieillards, qui sont tombés depuis le début de ce soudain conflit. Demain encore, combien s’ajouteront à cette macabre addition. Ces images insoutenables d’enfants explosés, on ne peut se contenter d’en faire un bilan comptable.
UNE GUERRE POUR QUOI FAIRE ?
Mais la question qu’on se pose aujourd’hui face à ce conflit : c’est “pour quoi faire ?”
On peut fort bien comprendre qu’Israël réagisse à ces centaines de roquettes quotidiennes lancées depuis Gaza par le Hamas, visant au hasard civils, habitations, équipements sociaux, mais jamais de cibles stratégiques ou militaires spécifiquement désignées. La volonté d’Israêl d’arrêter cette agression permanente contre sa population et de protéger ses citoyens est un droit que nul ne peut lui nier.
Et pourtant ceci ne répond pas aux questions : “À quoi sert ce nouveau conflit ? Est-ce que çà ne va pas être une nouvelle catastrophe comme l’intervention au Liban ? Est-ce que çà peut réussir ?”.
Réussir à quoi ? Pour l’instant, en matière de réussite, on y perçoit surtout trois inconvénients majeurs :
• d’abord, le Hamas n’attendait que cela. C’est le même problème que Bush en Irak : çà fait monter les fondamentalistes, çà fait monter l’islamisme radical, le terrorisme. Et ce d’autant que les dirigeants du Hamas ne sont pas dans la bande de Gaza mais confortablement installés en Syrie d’où ils pilotent tout, c’est-à-dire bien à l’abri de tous ces assauts guerriers.
• ensuite l’opinion publique : face aux images d’horreur diffusés dans les médias, elle se mobilise de plus en plus contre Israël
• enfin, et ceci est beaucoup plus grave, çà affaiblit considérablement les palestiniens modérés qui sont prêts à négocier avec Israël, c’est-à-dire Mahmoud Abbas, le Président de l’Autorité Palestinienne et les siens. Alors qu’eux sont des laïcs, pas des fanatiques religieux irresponsables, ni des fondamentalistes, et que c’est évidemment avec ces modérés qu’il fallait faire la paix.
L’énorme responsabilité d’Israël dans cette affaire est de n’avoir pas fait une politique massive, interventionniste et volontariste pour aider ces palestiniens modérés. Depuis au moins un an, les israéliens ne leur ont rendu aucun service, alors qu’eux étaient prêts à négocier.
00:52 Publié dans BILLETS 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : udf, mouvement démocrate, politique, bayrou, débats de société

















![Natalie Dessay - airs d'opéra italiens [édition limitée CD+DVD]](http://ecx.images-amazon.com/images/I/11Xr3EKTFML.jpg)





